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 It's a black fly in your Chardonnay • (mag)

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Beau Lennon
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MessageSujet: It's a black fly in your Chardonnay • (mag)   Mar 19 Juil - 18:55



it's a black fly in your chardonnay
« life has a funny way of helping you out. »

Dans une atmosphère électrique, Beau était installé sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. Il s’amusait à suivre des yeux le sillon que les perles de pluie dessinaient sur la vitre. Les gouttes étaient nombreuses mais seule une parvenait à captiver son regard. N’importe qui se serait rapidement lassé d’une telle contemplation. Trouvant cela ridicule, sans intérêt et une perte de temps indéniable. Mais il n’avait jamais été comme tout le monde. Il avait toujours mis un point d’honneur à faire les choses différemment, à considérer ce monde tel qu’il était et non comme il aurait voulu qu’il soit. C’était cette raison vaine et ridicule qui l’obligeait à observer cette gouttelette minuscule, luttant contre le vent, luttant contre plus grosse qu’elle… Dans le coin inférieur gauche, elle avait bâti son nid. Elle avait ruisselé le long de la vitre avec une lenteur digne d’exaspération et avait finit sa course après de longue minute de combat acharné. Comme si, comme lui, elle refusait de n’être qu’un numéro. Comme si elle souhaitait être cette goutte de trop. Comme si, simplement, elle était obligée de vivre dans ce mode qui allait contre courant, contre son courant. Beau l’avait choisie pour une raison précise, et cette raison, c’est qu’elle comblait la solitude qu’il ressentait au moment même où la pluie s’était abattue sur la ville. Depuis que Rose, son ancienne colocataire, avait décidé de disparaître avec son frère, Beau avait la sensation permanente de vivre dans une solitude constante. Chacun coin de la maison lui rappelait sa présence. Lorsqu’elle était là, il avait eu beaucoup de mal à se faire à l’idée. Ce lieu qu’il avait partagé seul pendant de long moment ne pouvait décemment pas accueillir une deuxième personne. Mais il s’était fourvoyé. Elle avait rempli les pièces, une à une, jusqu’à laisser un grand vide derrière elle. Pourtant, il avait souvent déclaré qu’il ne la supportait pas. Qu’elle était pour lui, une plaie plus qu’une amie. Mais sans doute s’était-il trompé. Rose devait avoir nettement plus d’estime à ses yeux qu’il ne l’avait pensé. Peut-être que, dans le fond, il l’aimait bien. Peut-être qu’elle aurait pu le sortir de sa torpeur quotidienne, l’éveiller de sa léthargie émotionnelle. Mais il était trop pour penser à cela, trop tard pour se dire qu’il avait raté une occasion en or de se faire une amie. Trop tard pour consolider des regrets, regrets qui de toute façon, n’auraient pas le temps de se faire une grande place dans son esprit. Car déjà les pensées de Beau avaient migré vers un autre but. Une autre personne. Magaly. Sa meilleure amie. Depuis quelques temps, il n’avait pas eu l’occasion de la voir souvent. Il fallait avouer qu’il n’osait pas trop la déranger depuis qu’elle était en couple avec Roksana. Il avait ce sentiment désagréable de tomber au mauvais moment. Et même si cela n’était que fabulation et ignominie de son esprit, personne n’aurait pu lui faire entendre raison. Quoi qu’il en soit, le fait de penser à elle ce soir là lui donna l’envie soudaine d’aller l’embêter un peu. Autrefois, il ne se gênait jamais pour arriver à l’improviste et s’incruster dans l’appartement de la jeune femme. Elle ne l’avait jamais refusé non plus. Ensemble, ils passaient toujours d’agréablement moment à discuter de tout et de rien. Ca lui manquait, à Beau. D’autant plus que ce soir là, la solitude pesait lourd sur sa conscience embrumée de l’absence de Rose.

Alors, dans un geste spontané, il quitta la fenêtre qu’il avait tant regardée. Enfilant sa paire de convers, Beau se dirigea vers la sortie et referma la porte derrière lui avant de glisser la clé dans la poche de son jean. Elle prit les escaliers pour descendre jusqu’à l’étage ou habitait son ami et lorsqu’il arrivait devant la porte d’entrée, il prit une grand respiration avant de frapper de toutes ses forces. BAM BAM BAM. Les coups étaient secs tant l’excitation de Beau était tangible dans l’air. Tellement de temps à rattraper, tellement d’histoire à raconter. « MAAAAAAAAAG ! MAAAG. Allez Maggie ouvre, je sais que t’es là ! » sa voix était-elle à celle plaintive d’un enfant capricieux. Il estimait être en droit de faire ce qu’il faisait et comme il le répétait lui-même assez fréquemment, il n’était qu’un enfant. Personne ne pouvait lui en vouloir ça. Sauf peut-être le voisin de Magaly qui sortait de chez lui pour le réprimander. Par pur réflexe défensif, il avait tiré la langue avec dédain avant de s’engouffrer dans la porte que son amie lui ouvrit. Il l’avait poussé afin de se faufiler et n’avait pas pris de deux secondes pour retrouver ses bonnes attentions. Il se dirigea jusqu’au salon où il s’affala de tout son long, avant de tapoter timidement une place à ses côtés. « Viens ! Faut que je te demande… Est-ce que les employés de chez Nescafé prennent des pauses café ? » Il devait sans doute être un peu traumatisé par toutes les publicités qu’il avait vu sur ce café. Les gens qui devaient travaillés là-bas n’avaient très certainement pas le temps de se reposer. Du moins, il n’en était pas sûr. La question le démangeait depuis pas mal de temps il n’avait jamais demandé à personne jusqu’ici, c’était donc le moment où jamais ! Son regard glissa alors sur Magaly et l’éclat qu’il reconnaissait dans ses prunelles avait disparu. Soucieux, il fronça les sourcils et se redressa pour poser un petit baiser sur le front de la jeune femme. « Bah alors, ça va pas ? » C’était précisément le genre de question qu’il aimait éviter. Parce qu’il savait que les réponses n’étaient jamais celle qu’on attendait. Toutefois, pour Magaly, sa meilleure amie, il ferait cet effort sur humain. Et s’appliquant à la concentration, il ne la quitta pas des yeux un instant. Il voulait savoir ce qui la préoccupait et il voulait lui prouver qu’il pouvait être un bon ami. Que lui aussi avait la faculté d’écouter. Pas gagné…
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Magaly Bonhavre
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MessageSujet: Re: It's a black fly in your Chardonnay • (mag)   Mer 20 Juil - 4:55



Stay or leave. I want you not to go...

But you did


Il y a eu le choc. Une catatonie qui dura une heure. Une catatonie où je vidais le restant de vodka et une partie de la bouteille de scotch et tout le sachet de cocaïne oubliée depuis l’arrivée surprise de mes parents. Puis Lorcan arriva de son boulot. Il eu alors le rappel à la réalité. Le retour qui nous fait comprendre que ce n’était pas un mauvais rêve. Il y a alors les cris, la douleur, le vide, les pleurs, la démence, encore plus de douleur et des heures de réconforts. Il eu la première nuit. Les premières fois après une rupture sont toujours mauvais signe. Car par peur de se rappeler l’autre, on tente de brisé ce quotidien que l’on avait créé, mais détruit et faible les gaffes et les gestes avec les plus graves conséquences se produisent. Ma première nuit suite à l’appel de Roskana ne fut pas une exception. Au contraire, elle fut le plus gros faux pas de ma vie. Faux pas qui, étrangement, s’était répété plusieurs fois depuis. D’une erreur j’avais réussi à m’autodétruire encore plus. Incapable de combler le vide dans ma poitrine, de faire battre mon cœur qui venait d’être arraché, mon inconscience me donnait l’idée d’en finir. Mais le suicide était trop facile. L’autodestruction, c’est mourir, mais à petit feu. Et je voulais sentir chaque seconde d’agonie pour me rappeler que tout ça n’était pas qu’un rêve, que l’impossible c’était produit, que Roskana et moi nous nous étions dit adieux. J’avais envie de vomir, Lorcan me regardait triste et me pris la main. «Arrête d’y penser, au moins pour le temps du souper, je t’ai fais tes plats favoris.» Je serrai sa main, tremblant, vidant d’un trait le verre de vin que j’avais dans les mains et ce, malgré le regard réprobateur de mon demi-frère. «J’te rappel ta réaction avec Irène peut-être?» Dis-je amèrement alors qu’il remplissait ma coupe. «Arrête de me sortir cet argument Mag, sinon je te jure que je vais appeler ton père et lui dire que ça va pas pour qu’il t’oblige à retourné à la maison. » J’enlevais ma main pour la remettre sur ma cuisse le poignardant du regard. Un père homophobe apprennant la rupture de sa fille avec une autre femme... j'avais toujours eu peur. « Vas y, m’en fiche.» Il eu un long silence dans l’appartement où mon demi-frère et moi nous nous livrions une bataille silencieuse de regard aussi lourd de défis que de peur. Il fini par se lever et venir me prendre dans ses bras, posant ses lèvres sur mon cou «J’suis inquiet, c’est tout…» Je me blottis contre lui, laissant une larme coulée. «Moi aussi… mais laisse moi avoir mal un peu d’accord. Ce n’était pas que ma copine, c’était mon amie d’enfance. » Lorcan me regarda, m’embrassa le front et pris les assiettes vides sur la table. «Bien sur bien sur… » Je me levai soufflant les bougies. «Écoute, si je fais une crise, je t’appel ce soir okay? Quand tu pars, je prend une douche, je me met en pyjama et je vais mater un film en t’attendant.» Il sourit et m’aida à laver la vaisselle, me poussant en rigolant un peu. «Tu veux encore dormir dans mon lit ce soir.» Je le regardai amusée, une larme séchée sur ma joue. « Mon lit est…» «trop grand je sais. Je rigole Et d’ailleurs t’es déjà en pyjama. »

Trente minutes plus tard, Lorcan était partit faire son job de barman au club et l’appartement redevint vide. Je regardai la porte que mon frère venait de partir et je soupirai doucement. Fermant les yeux, j’allais m’emparer du restant de la bouteille de vin rester sur la table et j’allai mettre mon ipod dans le stéréo. Je mis la playlist que j’écoutais depuis une semaine, depuis l’appel de Roskana. Vêtue de ma nuisette je dansais dans l’appart en hurlant à tue-tête la chanson qui désignait le mieux ma rupture, mes émotions, mon mal que je voulais simplement extirper de moi-même. «Wake up naked drinking coffee. Making plans to change the world while the world is changing us... It was good good love.You used to laugh under the covers Maybe not so often now. But the way I used to laugh with you was loud and hard. » Je pleurais, je dansais, je n’étais que l’ombre de moi-même que je m’empêchais de montré à Lorcan, à Allan, à Darcy. L’agonie était à son apogée et je riais. J’éclatai de rire lorsque le refrain se mis à être fredonner par la si magnifique vois de Dave Matthew et sa guitare acoustique qui faisait résonner en moi toute cette tristesse qui me serrait le cœur avec la puissance d’une épée. Plus de vin. Moi je voulais danser et rire de mon mal. Je tournoyai jusqu’à l’armoire où Lorcan avait pauvrement tenté de caché l’alcool et je pris la bouteille de whisky que j’ouvris avant de chanter encore. «What day is this, besides the day you left me baby. What day is this...» Je me pleurait, mes pieds touchant le sol qui semblait invisible puis j’heurtais le divan. Surprise la bouteille tomba au sol, se fracassant et moi je tombai sur les coussins le choc me fit éclater en sanglot et un «FUCK» sortit de ma bouche avec une force que je ne connaissais pas. Position fœtale sur le divan, je me recroquevillais pour contenir la peine et le mal dans mon plexus solaire au lieu de sentir la vibration de cette détresse à travers l’entièreté de mes veines. Le téléphone sonna, c’était Allan. Vivant en haut, il devait avoir entendu tout ce boucan. Ancien petit ami, ami extraordinaire il prenait soin quand il pouvait du petit animal terrifié et blessé que j’étais devenue depuis qu’on m’avait arracher le cœur. «T’inquiète Al’ j’allais appeler Lorcan» mentis-je pour le rassurer.

Me voilà dans la douche la plus froide que ma douche pouvais, ramenant mon esprit tourmenté par l’alcool et la tristesse vers la réalité encore plus cruelle et difficile. Mais j’avais promis cette douche à mon frère, promesse tenue. Ma playlist continuait dans l’appartement, jouait doucement la chanson sur laquelle j’avais dansée mon premier slow dans l’appartement de Rosie. J’étais stoned et totalement bourrée, léthargique, encrassé par tout ce qui se passait et que je n’arrivait plus à géré seule. « MAAAAAAAAAG ! MAAAG. Allez Maggie ouvre, je sais que t’es là ! » Je fermai les yeux, ravalant un sanglot. Oh non. Beau… va t’en je t’en pris. Ce soir, je n’avais pas la tête à rire et contrôlé ses moments d’égarement mental. Je voulais agoniser, ne plus vivre, crier et putain être seule. J’enfilai ma nuisette, je mis mon peignoir et je sortie de la salle de bain alors que je voyais mon meilleur ami entré sans permission. Je n’avais jamais dis non à ce genre d’attitude, mais j’aurais eu la force, je l’aurais fait ce soir. « Viens ! Faut que je te demande… Est-ce que les employés de chez Nescafé prennent des pauses café ? » Habituellement j’aurais rigoler, j’aurais sauté sur le divan et j’aurais philosophé sur ce sujet inutile jusqu’à finir par aller dans un Starbuck demander à un pauvre commis confus cette question totalement idiote. Je le regardais, là, les bras ballant, devant lui, incapable de répondre, incapable de lui dire de partir. Incapable de vouloir vivre. « Bah alors, ça va pas ? » Je tournai lentement mon regard, incapable de cette putain de question que je ne voulais entendre. Beau, putain, j’avais l’air bien en ce moment? Les cheveux en bataille, des cernes plus creuse que le grands canyon, frigorifiée, muette… Je me dirigeai vers l’armoire d’alcool, sans un mot. Marchant sur un bout de vitre que je ne pris pas la peine de réagir, laissant simplement des marque de pied ensanglanté sur le carrelage de ma cuisine. Je pris une autre bouteille dont je ne me souciais pas du nom. Incpaable d’une pensée, je laissai l’alcool brulée mon œsophage puis je m’assit au coté de mon meilleur ami qui attendait une réponse. Mon meilleur ami qui, étrangement, ne parlait pas et me regardait concentré. Je bus cinq longues gorgées, fixant la bibliothèque devant moi, le pied tachant le tapis du salon et mon cœur engourdis par tout ce que je consommait depuis le départ de Lorcan. «Elle est partie Beau… Rosie… c’est fini. » Je portais la bouteille à mes lèvres, fermant les yeux de douleur, pleurant silencieusement et ce fut le manque d’air qui m’empêcha de continuer à caller la bouteille. Agonise Magaly et tu verras ta mort sera une réelle délivrance.
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Beau Lennon
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MessageSujet: Re: It's a black fly in your Chardonnay • (mag)   Jeu 28 Juil - 17:30

Jamais douleur ne lui avait apparue si soudaine. Beau dévisageait son amie avec une intensité exaspérante. Détaillant chacun de ses traits avec beaucoup d’attention, il n’y décelait que de la douleur. De la peine. Du désarroi et une indéniable solitude. Que s’était-il passé durant ce laps de temps séparés ? Beau avait toujours cru que Magaly se portait bien. Il avait toujours pensé que son amie était à ses côtés pour l’aider en cas de coup dur. Il avait toujours pensé ne plus avoir sa place à ses côtés, simplement parce que quelqu’un pouvait le remplacer. Mais il lui semblait soudain avoir eu tort. Il n’aurait pas du se complaire dans ce silence. Il n’aurait peut-être pas du faire comme il faisait à chaque fois. Jouer les insensibles, indifférent à ce qui pouvait se passer autour de lui. Il avait eu tort et il s’en rendait compte avec beaucoup trop de retard. Son regard froid et rigide ne quittait pas la poupée brisée à ses côtés. La question stupide qui avait franchie ses lèvres n’avait été qu’une manière de combler le silence. Bien sûr, il voyait bien qu’elle n’allait pas bien. Il voyait bien que quelque chose clochait. Mais s’il ne posait pas la question, elle ne lui dirait rien. Il en avait la conviction étrange. Comme s’il la connaissait depuis toujours. Comme s’il pouvait deviner ses gestes. Il l’observa se lever pour se rendre vers l’armoire remplie d’alcool. Mécontent face à cette attitude trop faible, Beau grimaça. Il n’aimait pas l’alcool, il n’aimait pas l’effet que cela avait sur les gens. C’était toujours la solution de facilité. Comme si boire permettait d’oublier. Un peu, peut-être. Mais à quel prix ? Beau se mordit la lèvre inférieur et détourna le regard. Il n’était pas capable de voir ça. Refusait obstinément de voir son amie se briser de la sorte. Il aurait très bien pu se lever, lui arracher d’aimer et s’en aller, s’il l’avait voulu. Sauf que voilà, Beau ne savait pas comment réagir. Il savait qu’il ne devait pas partir. Il devait demeurer là, à ses côtés. Résistant et fort. Il observa la fenêtre des minutes durant, refusant d’assister à ce spectacle pitoyable et désolant. La douleur rendait les gens visiblement très cons. Il le savait, l’avait toujours su, mais le voir dépassait de loin tout ce qu’il avait pu imaginer. Toutefois, lorsque Magaly revint vers lui, Beau reporta à nouveau son attention sur elle. Désabusé de la voir avaler si goulument les doses d’alcool. « Elle est partie Beau… Rosie… c’est fini. » Cette phrase le frappa de plein fouet. Comme cela était-il possible ? Pourquoi Rosie serait-elle partie ? Ne s’aimaient-elles pas d’un amour incompréhensible et démesuré ? N’étaient-elles pas tout l’une pour l’autre ? Comment avait-elle pu lui faire ça. Pauvre Magaly. Pauvre petite princesse que le temps à écorché, pauvre petite poupée que le vent à bousculé, pauvre petite fille que la solitude a happé. « Je ne te crois pas. » Le son de sa voix ne dissimulait pas l’agacement qu’il ressentait. Cette situation l’exaspérait. La voir s’abrutir avec cette bouteille le rendait fou. Fou d’incompréhension et de désespoir. Jamais Beau ne s’était montré véritablement perturbé parce qui pouvait arriver aux autres. Mais là… C’était bien trop difficile de subir la descente aux enfers de sa meilleure amie.

Dans un geste brusque, il lui arracha la bouteille des mains et la claqua violemment au sol. Son regard se posa sur elle alors que ses mains agrippaient doucement ses épaules. Il la jaugea un moment, interdit et apeuré par cette propre colère qu’il sentait monter en lui. Dans un mouvement qu’il ne put retenir, il la secoua brutalement. « Réveille-toi ! » Son but premier était de la sortir de sa torpeur. De la réveiller. De lui rappeler que la vie continuait malgré tout. Que même si Rosie n’était plus là, le monde tournait toujours et qu’il ne fallait pas sauter du train en route. Jamais. Trop dangereux. « Elle va revenir, Mag ! Elle peut pas te laisser… Pourquoi elle te laisserait ? Ca n’a pas de sens ! Et pourquoi tu ne m’as rien dit ? » Beau ne se rend pas véritablement compte de ce qu’il dit. Mais il a l’impression étrange de se montrer horriblement égoïste. Comme si la personne qu’il plaignait véritablement dans cette situation était lui-même. Plus que Magaly, sa propre meilleure amie. Il faut dire que Beau ne comprend pas vraiment les relations qui pouvaient unir deux personnes qui s’aiment. Il avait beau essayer de comprendre, il avait l’impression que tout cela ne serait jamais compréhensible pour lui. Dans un geste proche du désespoir correspondant à celui de son amie, il l’enlaça avec une rudesse insoupçonnée. L’étouffant pratiquement de ses bras. Dissimulant son nez dans son cou, il susurra avec difficulté : « Je t’interdis de te détruire. Tu ne peux pas te faire ça. Tu ne peux pas ME le faire ! » Moins indifférent qu’à son ordinaire, plus présent qu’à son habitude… Beau n’est plus que le reflet de lui-même. On dirait qu’il est l’être blessé de l’histoire. On dirait qu’il est celui que l’on a trahi. Et peut-être que dans le fond, il se sent un peu trahi, oui. Magaly vient de vider une bouteille d’alcool sous ses yeux. L’alcool et les femmes. C’était un ménage qu’il ne tolérait plus depuis tellement longtemps. Il lui en voulait de sombrer dans cette folie. Il lui en voulait d’oser croire que l’alcool pouvait adoucir ses mœurs. Il la repousse doucement, les yeux brillants : « Jure-moi de ne plus boire. S’il te plait… et dis-moi. Dis-moi tout ! » Il veut tout savoir, il veut tout comprendre. La situation telle qu’elle est pour le moment ne lui plait pas. Il se sent de trop et il ce sentiment profondément désagréable que la situation lui échappe. Il pourra dire tout ce qu’il voudra, Magaly serait toujours une énigme pour lui si elle refusait obstinément de poser des mots sur cette situation. Douleur, peine, incompréhension… Que la vie est un jeu pénible et pourtant, il faut jouer selon les règles. Foutu connerie. Foutue vie.

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Magaly Bonhavre
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MessageSujet: Re: It's a black fly in your Chardonnay • (mag)   Ven 29 Juil - 3:44




Vivre est la chose la plus rare.
La plupartdes gens se contentent d'exister

Nous avions seize ans, rigolant. Rose était dans mon lit totalement saoule alors que moi je lisais mes notes de cours. J’avais un examen d’Allemand demain, et que Rose débarquent chez moi après une de ses soirées sans moi me déplaisait fortement. Mais j’étais là pour elle. Comme toujours. «Aller Maggie, ferme la lumière, je veux dormir moi.» Je claquai la langue agacée. «T’avais qu’à aller chez toi» dis-je un peu bêtement en tournant la page pour relire les règles du participe présent. J’allais rater cet examen. Je n’avais qu’étudier que deux jours… Rose soupira et se releva, titubant lourdement en cherchant son t-shirt. «Rohh. Rose arrête. Tu ne vas pas chez toi dans cet état. » «Non c’est bon, j’ai compris…» dit-elle d’une voix à la fois Je soupirai, fermai mon cartable et je m’assis derrière elle et je la serrai dans mes bras, posant ma tête sur son épaule «Reste.» Dis-je, lui donnant ce qu’elle voulait; de l’attention et des câlins. Saoule, Roskana était pire qu’une enfant. Elle me faisait justement une ce ces fausse moue boudeuse. J’éclatai de rire, je lui embrassai la joue et je me mis dans les couvertures. «Je suis désoler ma princesse, j’aurais aimer t’écouter parler de la fille que tu t’es tapée au bar, mais demain j’ai un examen d’allemand» Saoule, Rose s’était blottie contre moi ayant toujours cette bouille d’enfant gâtée mais ce sourire de «sans rancune» au coin de ses lèvres. «On a un examen demain? Je savais pas.» J’éclatai de rire alors que je fermais la lumière. «T’a pris Espagnol toi, pas allemand» «Ohhhhh» Je rigolais et je fermai les yeux. Pour l’une des rares fois, je dormis bien à la veille d’un examen.

«Rose, c’est finie...» Je m’entendais prononcer ces mots alors qu’en mon âme tout éclatait. Tout ne serait que souvenir maintenant Je calai ce qui restait dans ma bouteille et mon visage qui devrait ruisselée de larme restait aussi sèche que le désert. Moi qui venait de pleurer et d’hurler dans mon appartement, moi qui avait du verre dans le pied et qui ensanglantais le salon… rien. Le vide émotionnel. Trop de douleur tue la douleur. J’étais soule, sans émotions, incapable de supporté la pression sur mes épaules. J’avais envie de vomir, de mourir, de pleurer, de crier, de faire l’amour, de courir, de m’effondrer dans mon lit, de câlins, de frapper. Dichotomie des sens et des émotions, je devenais ce trou noir absorbant émotions et chagrin pour n’être qu’un Rien. Non pas le Tout avec le grand t, mais le Rien avec le grand r. Celui qui devient incapable de comprendre le reste du moment. Et dans mon lecteur, Dave Matthews Band continuait de jouer ces magnifiques chansons. «I could never love again so much as I love you. Where you end, where I begin Is like a river running through.» Je disais ces paroles de façon muette, oubliant le « Je ne te crois pas. » De Beau, plus blessant que réconfortant. Je ne le regardais pas, me perdant dans la musique, dans les vibrations, dans l’esprit que seul ce band avait réussi à me faire ressentir. Et en ce moment il posait beaucoup plus de mots sur ce que je ressentais que moi-même. «Excuse me please, one more drink. Could you make it strong, cause I don't need to think. She broke my heart. My grace is gone One more drink and I'll move on » Je bus la derriere gorge de tequila. C’était ça la musique. Mettre une voix, mettre des mots sur toutes ces voix muettes vivant leur vie sans être capable de s’exprimé. Et moi qui bougeait les lèvres aux son de ses paroles me réconfortait, me laissait croire que je me comprenais. Si j’avais regarder mon meilleur ami en ce moment, on aurait pu croire que je lui chantais la chanson tant je connaissais du bout des doigts cette magnifique ode à la perte amoureuse. Mais non. Je fixais le lecteur, chantant silencieusement avec Dave. Oubliant tout. Absolument tout. Sauf Ma Roskana. Mon amour, ma vie. « One drink to remember. Then another to forget. How could I ever dream to find. Sweet love like you again. One drink to remember then another to forget...» « Réveille-toi ! »

Je regardai Beau qui me secouait brutalement. Sortie de ma transe musicale, mes yeux s’embuèrent de larmes. Il me faisait mal. Mon meilleur ami m’avait fait mal. Après que Rose m’ait brisée le cœur, lui voulait me brisé les os. J’éclatai en sanglot. Mon dieu. Je devais être si horrible comme personne pour ne pas être ainsi aimée. Je le savais. Rose me quittant signifierait la fin de tout, Beau me secouant trop fort en était la simple preuve. « Elle va revenir, Mag ! Elle peut pas te laisser… Pourquoi elle te laisserait ? Ca n’a pas de sens ! Et pourquoi tu ne m’as rien dit ? » Je le regardais, pleurant encore. Hurlant de douleur. Il avait raison. C’était de ma faute. Je ne lui avait rien dis. Je ne disais jamais rien. C’était pourquoi elle avait décider de ne pas revenir. Elle en avait marre de mes silences, de mes doutes, de ma faiblesse d’esprit. Elle ne m’aimait pas. Et ne voulant pas me voir dans cet état, elle avait préféré resté là bas. L’excuse de sa mère malade, c’était faux. Elle avait tout inventée pour ne pas trop me faire mal. Mais elle n’avait pas douté que même dans un délire comme celui-ci j’avais compris… Putain non. Je délrais. Elle ne pouvait pas m’avoir fait ca. Roskana…partie. Je me relevai rapidement, prise d’un peur bleu de Beau mais, l’alcool imbibé durant la chanson frappa d’un coup et, comme un boxer dans un ring, je fus mis k-o. Tombant dans la vitre des deux bouteilles brisées sur le sol. Je me coupais de partout. Mais je ne ressentais rien. Assise dans ces rasoirs, je pleurais avec hystérie, totalement apeurée de mon amie et de la douleur qui revenait. Putain, ma coke, elle était où? « Je t’interdis de te détruire. Tu ne peux pas te faire ça. Tu ne peux pas ME le faire ! » dit-il comme s'il avait lu mes pensées. Je ne le regardais pas, prenant une lame de vitre. M’interdire de me détruire, mais trop tard. J’étais déjà démembré de chaque part de mon âme. Je ne serai plus qu’une ombre zombifié exécutant pour le reste de sa vie le minimum pour survivre. Il me pris dans ses bras mais je paniquai et je me reculais, me blessant encore plus le bout de vitre me déchirant une partie de la paume de la main. « Jure-moi de ne plus boire. S’il te plait… et dis-moi. Dis-moi tout ! » Je le regardais contre le mur de ma cuisine plus perdue que jamais. «Va-t-en je t’en supplie» Dis-je totalement honteuse de mon état. «Rose a bien raison de ne pas revenir de Londres. Pars, je n’en vaux pas la peine. Tu vois…je je t’ai déçue je…je… » Je me recroquevillais et pleurai silencieusement, n’ayant plus de force pour faire une seconde attaque de panique. Mais malgré tout, mon souffle annonçait une prochaine attaque. Putain tuez moi quelqu’un.
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Beau Lennon
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MessageSujet: Re: It's a black fly in your Chardonnay • (mag)   Ven 5 Aoû - 6:23

Si Beau avait sa propre réalité, il avait parfois du mal à rentrer en contact avec celle des autres. Il avait son propre univers, ses souvenirs, ses désirs, ses choses qui le composaient et faisaient de lui un être à part entière. Et cet univers ne permettait pas toujours de faire véritablement attention aux gestes que les autres pouvaient poser, même s’ils étaient juste à ses côtés. C’était un peu ce qu’il se passait avec Magaly. Il pouvait s’effondrer à tout moment et pourtant, il demeurait stoïque. Comme paralysé par la douleur qu’elle ressentait et qui, par extension, l’atteignait plus que nécessaire. Il n’avait jamais été question de colère, de haine ou d’énervement avec lui, pourtant, ces sentiments se bousculaient en lui à cet instant. Il détestait cette amie d’enfance, devenue amante qui, pour une raison obscure avait mis les voiles. Il lui en voulait. Terriblement et profondément. Comme il connaissait ce sentiment de solitude profonde et d’abandon terrifiant. Comme il avait mal de revivre son enfance à travers celle qu’il considérait comme sa plus grande amie. Les choses sont tellement plus simples quand il suffit de rire, de jouer et de s’aimer. C’est tellement plus délicat de dire au revoir, de tourner le dois et de reprendre tristement sa route. Beau le savait, Beau en avait conscience. Toutefois, il n’avait pas les épaules assez larges pour supporter tant de peine. Il n’était pas assez fort pour faire fuir ce mal qui lui rongeait les tripes jusqu’à la démesure. Il essayait pourtant, la secouant avec trop de force. Serrant ses frêles épaules dans ses mains devenues crispées. Il voulait la sortir de sa transe, lui faire comprendre que… malgré la douleur, il faut continuer d’avancer. Le passé n’est qu’un boulet accroché à notre cheville. On se le traine indéfiniment, mais au bout d’un moment, où oublie qu’il est là. On a apprivoisé ce poids et on peut enfin composer avec. Avait-il imaginé que ses secousses l’aideraient ? Oui. Avait-il imaginé, alors, qu’il serait la cause de ses larmes ? Non. Beau se raidit à la vue de cette eau ruisselante. Jamais des joues ne lui parurent plus abîmées qu’en cet instant. Et, sans contre façon, il le regrettait amèrement. Mais c’était bien trop tard. Le mal, celui que lui-même avait provoqué involontairement, était fait. Le pire dans tout cela, c’est qu’il n’avait pas encore tout vu. Magaly semblait être véritablement apeuré par sa présence. Avait-il l’air d’un monstre malfaisant ? Prêt à tout pour la détruire ? On eut dit que c’était le fond de ses pensées alors qu’elle se relevait pour s’écarter de lui. Dans un geste intuitif, Beau se leva rapidement à son tour et alors qu’il la voyait chuter, un peu comme une scène au ralenti dans un film à petit budget, il essaya de la rattraper. Trop tard, en vain. Elle s’était alors écroulée sur les morceaux de verres brisés. Beau écarquilla les yeux, effrayé à la vue du sens que les innombrables coupures faisaient ruisseler sur le corps de son amie. Pourquoi l’amour faisait-il toujours si mal ? Voilà pourquoi il n’y croyait plus, voilà pourquoi il refusait obstinément de s’attacher trop facilement aux gens et surtout, voilà pourquoi il avait son propre monde. Un monde qui lui était sien, l’obligeant ainsi de ne pas faire des autres son monde. C’était ce qu’avait fait Magaly, à son plus grand malheur. Roskana était devenu son seul souffle de vie, son monde, sa planète ensoleillée et maintenant qu’elle était partie, elle suffoquait et demeurait dans la pénombre. Mauvais choix stratégique. Empêchant Beau de savoir comme agir. Il refusa cependant de s’approcher, s’il lui faisait tant peur, il ne l’aiderait pas. Debout, à quelques mètres d’elle, le regard vide et les mains tremblantes, il l’observait silencieux. Mais voilà qu’elle serait dans ses mains un bout de verre qui l’horrifiait. Apeuré, Beau s’approcha malgré tout et voulu la serrer contre lui. Erreur. Comme il l’avait imaginé quelques minutes plus tôt, ça l’avait effrayé et elle se blessait bien davantage à son contact. Ne cherchant pas à la retenir, Beau s’était redressé et avait lutté face à son regard accusateur. Était-il seulement coupable de quelque chose pour mériter un tel traitement ? Certes, elle souffrait… Et bien, alors ? Quand on veut un vélo, même si on tombe, il faut savoir se remettre en selle ! « Va-t-en je t’en supplie. » Même s’il avait toujours été le pire des amis, celui incapable de montrer une quelconque véritable présence, il n’en restait pas moins attaché à elle et jamais il ne l’abandonnerait dans une situation aussi désespérante. « Rose a bien raison de ne pas revenir de Londres. Pars, je n’en vaux pas la peine. Tu vois…je je t’ai déçue je…je… » La regardant se recroquevillé, Beau se posa mille questions. Partir n’était pas envisageable, mais rester était-ce vraiment la meilleure solution ? Il ne le pensait pas. Alors tout doucement, à pas de loup, il s’approche d’elle. S’accroupissant, il glissa ses doigts sur sa joue et attrapa son menton entre ses doigts, la forçant ainsi à relever la tête pour la toiser durement. « Tu ne m’as pas déçu… Mais si tu continues, Magaly, je vais vraiment partir et toi, comme moi, on n’a pas envie que ça arrive. Tu ne veux pas rester toute seule et je n’ai pas envie de le faire. Alors, maintenant, tu vas t’asseoir dans le canapé, je vais chercher la trousse de secours. Faut désinfecter tout ça. » Beau força alors la jeune femme à se remettre sur ses pieds et la tenant par la taille, il l’obligea à se diriger vers le canapé. Une fois arrivé devant, il l’y déposa délicatement et posa rapidement ses lèvres sur son front avant de rejoindre la petite salle de bain de la jeune femme. La trousse de secours devait forcément se trouver là. Mais où ? Il chercha pendant un temps qui lui sembla infini, la peur au ventre, et finit par mettre la main dessus. Les compresses, le désinfectant et les pansements à la main, Beau regagna le salon et s’assit aux côtés de sa meilleure amie. Il déposa un peu d’alcool sur une compresse et commença par désinfecter la plaie béante de sa main. « Ca risque de piquer un peu… » Approchant son visage tout en tamponnant la blessure, Beau souffla afin d’éviter à la douleur de se faire trop vivace. Puis, relevant soudain la tête, il lui demanda avec sérieux : « tu vas te reprendre, hein ? » Comme il l’espérait !
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Magaly Bonhavre
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MessageSujet: Re: It's a black fly in your Chardonnay • (mag)   Mar 9 Aoû - 1:15



Perdre. Un mot simple, un mot court. Pourtant si empreint de sens et de douleur caché. Devant ce mot de six lettres, il fallait trembler, porter respect et se faire plus grand que nature, car son courroux était à chaque fois difficile et agonisant. Bien sur, je ne parle pas de perdre ses clés ou une partie de football, mais je parlais de perdre avec un grand P. Cet action qui nous faisait comprendre l’importance de ce qui était disparu. J’en mourrai de ce grand P. Car j’avais perdu l’amour de ma vie, j’avais perdu l’affirmation de ma vraie attirance sexuelle, j’avais perdu mon amie d’enfance, j’avais perdue une partie de moi-même. Pire que tout, je m’étais perdue moi-même. C’est pourquoi j’étais recroquevillée contre mon mur, ensanglanté en suppliant l’une des rares personnes qui m’avait vu vulnérable de partir. Je le voulais si près de moi que son amour m’étoufferait, je le voulais si loin de moi que je pourrais enfin crier toute ma douleur enfouie qui ne demandait qu’à refaire surface. L’autodestruction était à plein régime, alimentant à coup d’une luxure totalement interdite cette souffrance qui me grugeait et me rendait si vulnérable au moindre souffle d’un souvenir de Rose et moi. Je me retrouvais sur ce sol taché de mon sang grâce à mon habilité à tout faire pour ne plus être heureuse. Je n’y croyais plus à ce qui pouvait s’apparenter au bonheur. J’aimais mieux vivre dans cette grisaille constante, tomber parfois et ne pas laisser partir celle qui était à mes côté depuis que j’avais cinq ans. Le gris m’allait bien. Mon teint pâle et blafard se mariait au vert des émotions qui passaient dans mon visage. Je n’étais présentable que pour la bonne raison que je devais garder un minimum de propreté pour être dans se stage pour lequel j’avais tant travaillé. Toutes ces soirées à sacrifié Roskana au détriment de mes études n’iraient pas finir à la poubelle. On récolte se que l’on sème. Et l’arbre fleurissant de ma future carrière prometteuse aurait comme racine cette douleur épouvantable au fond d’un laboratoire à se rappeler combien de fois j’avais dis non à ma copine pour aller dans mes livres. Je jouais aux échecs avec ma vie, planifiant chaque coup. Ma vie sentimentale était détruite, ma vie sexuelle se complaisait dans une autodestruction qui en ferait frémir plus d’un. Et ce soir, j’étais sur le point de me mettre échec et mat. Un coup de plus et je tombais au bord d’un gouffre que je n’aurais jamais pensé gouter avant. Mon pauvre ami ne pouvait savoir à quel point chacun de ses gestes devait être stratégique pour ne pas faire tuer la reine et faire tomber le roi.

La chaleureuse main de Beau vint sur ma joue pour se glisser vers mon menton, me forçant ainsi à relever la tête. Nos pupilles furent en contact l’espace d’une seconde et je baissai les yeux de nouveau, incapable de regarder tant d’innocence et d’inquiétude, égoïstement encrée dans mon malheur. Et lui, toujours le fanfarons, celui qui riait, qui voyais de la couleur dans le ciel le plus sombre, ne voyait que ce trou noir incapable de capté la moindre couleur, suffoquant celle des autres. Ma présence était une lourdeur pour mon entourage et je ne pouvais blâmer personne d’autre que moi-même. Ce manque d’éclat était volontaire dans ma consciente autodestruction de la partie de moi-même qui était resté en sol américain. Et lui refusait que je ferme sa lumière interne, me forçant à le regarder il défiait la noirceur que j’étais devenu. Véritable combat entre le bien et le mal, ce petit regard me fit tant de peur que je tremblai. Tel un vampire au soleil, je me sentis brulé par ce touché qui semblait me ramener à une réalité encore plus difficile que celle que je vivais en ce moment. J’étais devenu maitre de ma nuit et revoir le jour, ne serait-ce que l’espoir qui traversait les yeux de mon ami, me donna une nausée au gout amer d’une vie perdue. Qui étais-je devenue? J’étais trop confuse pour le savoir. Mais chaque action que je posais en ce moment tentait de combler cet absence qui prenait une expansion gargantuesque.

« Tu ne m’as pas déçu… Mais si tu continues, Magaly, je vais vraiment partir et toi, comme moi, on n’a pas envie que ça arrive. Tu ne veux pas rester toute seule et je n’ai pas envie de le faire. Alors, maintenant, tu vas t’asseoir dans le canapé, je vais chercher la trousse de secours. Faut désinfecter tout ça.» On me força à aller sur le canapé et tel le cadavre que j’étais devenue j’obéis sans dire un mot. Partir. Un autre départ. Une autre menace. J’étais à cran. À bout de nerf, je ne pouvais plus rien supporter. L’autodestruction avait si bien fonctionné que j’implosais enfin. Et alors que je reçu un baiser sur le front de la part de mon meilleur ami, je compris la douleur physique qui s’était jointe à moi. Et alors que Beau était partit chercher la trousse de premier soin, je regardai cet énorme coupure dans ma paume avec un sourire étouffer. Enfin, vivre jusqu’à en mourir. J’y étais presque. Mais aussitôt cet instant de folie passée que le retour de Beau me fit revenir à cet état d’apoplexie qui perdurait ne moi depuis la dernière ligne de coke incrusté en mes veines. « Ca risque de piquer un peu… » Je ne brochai pas à cet lorsque l’alcool toucha ma peau, même si la douleur était vive et poignante. C’est dans ce genre de moment où je réalisais que j’étais encore en vie. Alors pourquoi crier quand tout ce que je voulais c’était rire et soupirer. Une douleur à la main, j’étais en vie, Roskana était partie. Souffre Magaly, souffre. C’est tout ce qui te reste maintenant, la douleur de vivre. : « tu vas te reprendre, hein ? » Je regardai cette fois glacialement mon ami, bougeant légèrement la main ennuyé par le picotement qui continuait. «Ne te fais pas d’idée Beau, c’est pas juste une peine d’amour. Je suis morte….» soufflais-je doucement. «Je ne suis plus.» Je nouais mes doigts ensanglantés au miens, toujours dans ce tourbillons de douleur qui revenait au souvenir du contact des mains de Roskana contre les miennes. «Beau…» Je le regardai, triste, mal, et je prononçai la phrase que je n’aurais jamais cru entendre sortir de ma bouche; «emmène moi à l’hôpital je t’en supplie. » Dernier cris du cœur de ma conscience étouffé par tant de douleur. Sans doute. Mais j’éclatai en sanglot dans les bras de mon ami, incapable de savoir quoi faire. Tétanisé par celle que j’étais devenue.
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