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 Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau

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Ella Nielson
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MessageSujet: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Ven 8 Juil - 7:18


Émergeant des douces couvertures qui l'enveloppaient agréablement, Ella fut incapable de se rappeler ce qui s'était passé dans son rêve et qui lui valait ce sourire apparemment ravi accroché aux lèvres. Refusant de se départir de sa bonne humeur et décidée à ne pas laisser le gris du ciel ternir sa journée, l'adolescente repoussa les draps et se redressa dans son lit, encore à moitié endormie. Un coup d'oeil rapide au réveil-matin lui indiqua qu'il était déjà plus de neuf heures et la jeune fille mit pied à terre, vêtue d'un short et d'un débardeur. Ce ne fut qu'après une bonne douche qu'elle consentit enfin à se rendre jusqu'à la cuisine, les cheveux encore trempés. Surprise de ne trouver Jackson nulle part, elle fit un crochet par la chambre de son tuteur, mais dut admettre qu'il était véritablement absent. En ouvrant le frigo, elle tomba sur un message rédigé à la va-vite, de sa main.

Jackson a écrit:
Bon matin! J'ai dû partir plus tôt, je ne serai pas de retour avant ce soir. J'ai laissé de l'argent pour toi sur la table du salon! À ce soir! Jack
Décidée à ne pas utiliser l'argent de son tuteur si ce n'était pas vraiment nécessaire, la jeune fille dut admettre qu'il n'y avait rien de vraiment intéressant dans le frigo. Elle n'avait pas envie de manger des toats et la boîte de ses céréales préférées reposait sur le comptoir de l'évier, vide. Haussant les épaules, elle s'empressa de quitter la cuisine, rejoignant sa chambre pour s'habiller et se coiffer. Enfilant un jeans et un tee-shirt, par-dessus lequel elle s'engoufra dans un sweatshirt moelleux, elle finit de sécher ses cheveux, les peignant du même coup pour en en défaire les noeuds. Lorsqu'elle fut fin prête, elle attrapa les billets que Jackson avait laissé pour elle sur la table du salon et les glissa dans la poche de son jeans, sachant exactement où elle voulait aller. Il y avait maintenant quelques semaines qu'elle n'avait pas eu l'occasion de se rendre au café où travaillait Beau, pour la simple raison que les examens avaient occupé la plus grande partie de son temps libre, surtout qu'elle devait à tout prix valider les matières qu'elle n'était pas parvenue à réussir tout au long de l'année. Le café avait donc été relayé au dernier rang et étant donné qu'elle n'avait plus vraiment besoin de tranquillité pour étudier, elle n'avait pas cru bon de s'y rendre à nouveau. À vrai dire, il avait tout simplement été éjecté de son esprit, avec le bal qui avait suivit la fin des examens, les soirées avec ses copines de classe maintenant libérées de leur travail d'esclave et ses journées à se promener ici et là pour profiter du beau temps. Ravie à l'idée de retrouver l'espace familier qui s'était montré à la hauteur lorsqu'elle avait eu besoin d'un antre de paix quelques mois auparavant, la jeune fille sauta dans ses chaussures et verrouilla la porte de l'appartement. Elle descendit les marches quatre à quatre, décidée à ne pas emprunter l'ascenseur et prit ensuite la direction du petit resto où travaillait son ami. Ami? Sans doute, oui. Si Ella ne savait pas vraiment comment qualifier leur relation, elle devait avouer qu'il faisait certainement partie de ses amis. Elle n'avait pas pris soin de s'informer afin de s'assurer qu'il travaillait bel et bien puisque de toute façon, son ventre criait famine, mais elle espérait qu'elle le retrouverait derrière le comptoir; sa légèreté et sa nonchalance lui avaient manqué.

La brise, à l'extérieur, s'avéra être plus fraîche que ce à quoi elle s'était attendue en sortant et Ella se félicita d'avoir emporté un pull. Le mince trajet qu'elle parcourut afin d'atteindre sa destination suffit à la frigorifier et ce fut en soufflant dans ses mains pour se réchauffer qu'elle poussa la porte du petit café. D'un coup d'oeil léger sur les alentours, elle en convint que Beau ne travaillait pas ce jour-là, mais cette pensée suffit à faire apparaître la tête de son ami derrière la porte qui menait à l'arrière. Ravie, elle allait se diriger vers le comptoir pour prendre commande lorsqu'elle décida finalement de changer ses plans. Ce fut avec malice qu'elle poussa la porte réservée aux employés et qu'elle chercha des yeux celui pour lequel elle était venue ici plutôt que de récupérer un petit déjeuner n'importe où ailleurs. Elle l'aperçut, de dos, et sourit avant de se diriger vers lui sans même se faire surprendre par les autres employés. Ce n'était pas la première fois qu'elle pénétrait en ces lieux habituellement interdits - la deuxième peut-être - et elle n'avait pas peur des conséquences que cela pouvait bien entraîner. Lorsqu'enfin elle fut à quelques centimètres derrière lui sans voir ce qu'il faisait, la jeune fille croisa ses bras sur sa poitrine, ayant beaucoup de mal à conserver son sérieux. « Des clients attendent, monsieur Lennon! » D'une voix volontairement haut perché qui aurait très bien pu passer pour le reproche d'un boss un peu trop exigeant, Ella se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire.
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Beau Lennon
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Ven 8 Juil - 16:14

« Bouge tes fesses, Lennon ! » exaspéré, le jeune homme soupira. Depuis qu’il était arrivé à San Francisco, il y a bien une chose qu’il avait du mal à supporter… L’autorité patronale. Fais-ci, fais-ça. Fais-le vite, dépêche-toi. Il n’y avait rien de plus agaçant pour lui que de se faire hurler dessus à longueur de journée. D’autant plus que ce n’était certainement pas ça qui le motivait et qui le rendait plus productif. Que du contraire. On aurait même pu dire que cela le forçait à se rendre davantage maladroit. Combien de fois n’avait-il pas brisé commandes sur commandes ? Mais c’était le dernier de ses soucis. Beau était Beau et même un travail ne pourra pas se vanter de le changer. Toujours ailleurs, indifférent et d’une lenteur exaspérante. Son patron passait des minutes entières à le menacer. S’il ne se décidait pas rapidement à mettre les bouchées doubles, jamais il ne garderait son emploi. L’information avait été dite et redite, il avait eu le temps de l’assimiler milles fois, sauf que… Encore une fois, fidèle à lui-même, Beau ne faisait un effort que dans les premiers temps. Il se montrait plus concentré, pressait le pas et fasse acte d’une présence d’esprit peu commune pour lui. Et ça ne durait qu’une fraction de minutes, parfois, ça allait jusqu’à une heure de concentration intense. Mais c’était chose rare. S’il n’avait pas eu autant besoin d’argent, nulle doute qu’il aurait laissé tomber ce job depuis longtemps. Il l’adorait. Vraiment. Il appréciait passer entre les tables, sourires, échangés quelques mots, se rendre ridicule en faisait tout tomber… C’était quelque chose qu’il vivait simplement, sans se prendre la tête. Et le vrai problème était là, il était bien trop absent pour correspondre aux critères souhaités pour un tel emploi. « Maaaais je suis là ! » Essaya-t-il de se défendre pour la cinquième fois de la matinée. Son service n’avait commencé que depuis une heure et les remarques avaient déjà été nombreuses. Il finirait définitivement viré s’il n’y mettait pas un peu du sien, et ça aurait du l’inquiéter. Un minimum. Mais Beau ne connaissait pas l’inquiétude. Du moins, de ce point de vue là. Il savait pertinemment qu’il pourrait toujours encaisser les chèques que sa mère lui envoyait. Il avait toujours refusé d’y toucher jusqu’ici, mais s’il y était forcé, il ne se gênerait pas. Après tout, elle lui devait au moins ça.

Lennon enfila donc un énième tablier, l’autre se voyant tout barbouillé de café, et se remis en marche. Il alla prendre sa dixième commande de la journée, et sourit avec complicité à la demoiselle qui lui faisait de l’œil. « C’est comme si c’était fait ! » avait-il lancé avec mécanisme. Mais avant qu’il ne daigne apporter tout ça, il fallait encore qu’il retienne la commande. Et ce n’était pas chose aisé, du moins pour lui. Il retourna donc dans l’arrière salle ou il commença à énumérer pour lui-même ce qu’il venait d’entendre. Ne pas oublier avant d’arriver jusqu’au monsieur qui préparait les assiettes, était sa grande mission du jour. Une fois assurée que les choses étaient totalement maitrisée, Beau fit quelques pas en direction de la cuisine pour passer cette foutue commande et non, là, le néant. Il s’arrêta net, et continua de réfléchir. Il lui fallut des minutes entières et rien ne venait. Toujours planté là, comme un ahuri, en plein milieu du champ de bataille ! « Des clients attendent, monsieur Lennon! » Le jeune homme soupira et laissa tomber sa tête lourdement. « Mais je fais ce que je peux, je vous jure. Mais je suis pas une sorte de pieuvre et j’ai pas encore huit tentacules qui me pousse par… il s’était alors retourner pour apercevoir Ella, une amie qu’il n’avait pas croisée depuis un moment bien qu’ils habitent le même immeuble, qui était royalement entrain de se foutre de lui. Ella ! Ne fais plus jamais ça… » marmonna-t-il un peu mécontent de s’être fait avoir aussi facilement. Beau n’aimait pas se sentir aussi facilement impressionnable. Encore moins devant ses amis. Pour eux, il voulait avoir cette éternelle image de garçon qui se moque de toi et même d’un patron prêt à le virer. Toutefois, il ne pouvait pas faire la tête bien longtemps. Il appréciait cette gamine, il aurait aimé l’avoir pour sœur. Ou quelque chose dans le genre, avec elle, il se sentait libre de s’inventer une vie. Il aurait pu prétendre vivre dans un zoo que jamais elle ne lui aurait rit au nez. C’était la beauté de leur relation. Un grand moment de rêverie partagé. Il s’approcha d’elle et vint lui poser un petit baiser sur son front, pour lui, c’était une enfant. « Alors, qu’est-ce qui t’amènes ? Laisse-moi deviner, la même chose ? » Un sourire amical traversa son visage alors que soudain il eut un éclair de génie. « Bouge pas, je reviens ! Faut pas que ça me sorte de la tête encore ! » Il abandonna l’adolescente à peine une minute ou deux pour passer sa commande. « C’qui manque ici ; c’est des enregistrements ou un truc comme ça. Parce que je te jure que je fais tous les efforts du monde mais j’y arrive pas ! Et je vais me faire virer. Oh, et puis, j’emmerde ce job. Je finirai éboueur et je mettrai un gyrophare au-dessus de mon engin, tu viendras faire un tour ? » Son regard posé sur elle semblait vide de tout intérêt et le son de sa voix était si monocorde qu’il aurait endormis n’importe qui, Beau quoi.
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Ella Nielson
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Lun 11 Juil - 5:51

« Mais je fais ce que je peux, je vous jure. Mais je suis pas une sorte de pieuvre et j’ai pas encore huit tentacules qui me pousse par… » Amusée de voir qu'il n'avait pas encore capté qu'elle se trouvait derrière lui et qu'elle n'avait certainement pas l'intention de lui reprocher quoi que ce soit, Ella pouffa de rire lorsqu'il se retourna, surpris, presque choqué, de la voir devant lui. « Ella ! Ne fais plus jamais ça… » « Pourquoi? Ce serait sympa de te voir avec des tentacules! Un qui sort de là ... Un de là ...! » Elle s'était approchée de lui en lui enfonçant son doigt le long des côtes avec douceur, puis dans son cou. Délicate, elle ne voulait pas non plus lui faire mal et elle sourit alors qu'elle retrouvait ses mains et cessait d'imaginer son ami avec des excroissances un peu partout, qui finiraient par représenter de longs tentacules, un peu comme les calmars. Comme elle avait pu s'en douter en marchant jusqu'ici, la présence de Beau agissait comme un baume et calmait ses doutes et ses craintes, alors qu'avec lui, tout lui semblait plus facile. Elle n'avait pas hésité avant de lui tripoter le côté du corps malgré sa réticence habituelle aux contacts physiques, contacts qu'elle avait toutefois un peu plus recherché ces temps-ci. À croire que ça lui manquait. Pourtant, elle ne voyait pas comment elle pouvait désirer quelque chose alors qu'elle l'avait tant crainte pendant des années. Les câlins, le moindre des frôlements, tout lui avait été tellement douloureux avant alors que tant de souvenirs lui revenaient à l'esprit ! Pourquoi était-ce différent dorénavant? Incapable de donner une véritable réponse, la jeune fille se dit que ce devait être parce qu'elle se sentait mieux ici. Elle n'avait plus rien à craindre; les monstres - ou plutôt le monstre en l'occurrence - était parti.

Le baiser sur son front la fit sourire, alors que Jackson faisait la même chose lorsqu'elle quittait la maison. « Alors, qu’est-ce qui t’amène ? Laisse-moi deviner, la même chose ? » Alors qu'elle allait répondre, Beau ne lui en laissa pas le temps et l'adolescente le regarda, les bras croisés, un léger sourire sur les lèvres. « Bouge pas, je reviens ! Faut pas que ça me sorte de la tête encore ! » « Te gênes pas pour moi, surtout! » fit-elle en riant alors qu'elle le regardait s'éloigner. Après tout, consciente qu'elle n'avait pas vraiment le droit de se retrouver là, la jeune fille préférait ne pas trop faire de vagues et demeurer à peu près calme. Faisant le tour de l'endroit des yeux, elle en conclut qu'à part quelques ustensiles de plus et quelques verres un peu partout, l'endroit était exactement pareil à la dernière fois. Elle n'était pas venue souvent dans l'arrière café, non plus, mais s'amusait tout de même assez de la capacité de Beau à oublier à peu près tout et n'importe quoi. « C’qui manque ici ; c’est des enregistrements ou un truc comme ça. Parce que je te jure que je fais tous les efforts du monde mais j’y arrive pas ! Et je vais me faire virer. Oh, et puis, j’emmerde ce job. Je finirai éboueur et je mettrai un gyrophare au-dessus de mon engin, tu viendras faire un tour ? » « Sympa, le gyrophare! Tu voudrais qu'on te prenne pour quel genre de véhicule d'urgence? Non parce que ... la police ... C'est une mauvaise idée, les gens les aiment pas vraiment. L'ambulance ... C'est toujours une mauvaise nouvelle quand elle vient! Le feu ! Ou non je sais ! Tu l'auras sur le dessus de ton camion d'éboueur pour prévenir les gens de sortir leurs poubelles! Ça c'est classe ! » avoua-t-elle, consciente de parler beaucoup trop, mais incapable de contenir le flot de paroles glissant hors de sa bouche. Elle imaginait déjà son ami aux commandes d'un véhicule qui, pourtant, ne lui aurait pas convenu tant que ça et cette éventualité la fit sourire, « D'ailleurs ... tu te souviens de ce que je prends, d'habitude? » Un peu surprise alors qu'elle se rappelait la question qu'il lui avait posée quelques minutes auparavant, elle arqua un sourcil, étonnée, mais n'en fut que plus admirative. « Mais t'as raison! Muffin au chocolat et thé glacé, s'il te plaît! » S'il y avait bien une chose qu'Ella adorait par-dessus tout, c'était le chocolat. Et leurs muffins étaient vraiment savoureux. Elle s'approcha de Beau afin de débarasser son tablier d'une miette de pain et recula ensuite de quelques pas de façon à s'appuyer contre l'un des plans de travail.

« Ça m'avait manqué de venir ici, je m'en rends compte seulement maintenant ... » avoua-t-elle en levant les yeux vers lui, un petit sourire aux lèvres. Soudain, son visage s'éclaira alors qu'elle se redressait vivement, le regard brillant, emballée par elle seule savait quoi. « Oh! J'ai une idée pour ton problème de mémoire! J'ai ... Tu sais ce genre de petit agenda électronique? C'est un peu comme un carnet de notes! Je m'en sers pas, je pourrais te le prêter, si tu veux! » proposa-t-elle, ravie de pouvoir fournir son aide. Elle l'avait traîné à San Francisco, comme bon nombre de ses affaires, mais ne l'utilisait plus depuis longtemps.C'était ce genre de truc très à la mode lorsqu'elle était enfant et qui lui avait servi à noter ses rendez-vous importants lorsqu'elle avait huit ans - une rencontre au parc de jeu avec ses copains du primaire par exemple - ou les dates d'anniversaire de ses amis. Si la jeune fille ne se rappelait pas ce qu'elle avait bien pu écrire à l'intérieur, elle savait néanmoins qu'elle l'avait bien caché au fond de l'un de ses tiroirs sans même le regarder puisqu'il y avait encore - et ça, elle en était absolument certaine - les dates prévues du dîner au resto avec son père et son grand frère. Le relire lui aurait fait plus de mal que de bien sans doute, mais elle n'avait pas pu consentir à le laisser en Angleterre, ni même à le jeter. Toutefois, s'il pouvait avoir une deuxième vie, pourquoi pas?
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Beau Lennon
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Lun 11 Juil - 22:28

« Pourquoi? Ce serait sympa de te voir avec des tentacules! Un qui sort de là ... Un de là ...! » Beau laissa un petit rire lui échappé alors qu’il repoussait les mains de son amie. Il n’était pas véritablement gêné par les contacts physiques, en comparaison d’autres personnes. Mais comme tout le monde, il avait ses points sensibles. Et autant dire que lui chatouiller le cou était la meilleure solution de le mettre à terre. Il avait d’ailleurs beaucoup de mal avec les petits baisers dans le cou. Sa grand-mère le taquinait souvent avec ça, mais rien n’y faisait, il n’arrivait pas à s’y habituer. Les frissons qui lui parcouraient le corps le gênaient. Cette façon si douce de le rendre humain l’agaçait. Il avait toujours préféré prétendre ne rien ressentir. C’est tellement plus simple, faire semblant. Mais avec Ella, il s’en moquait un peu parfois, de laisser sa carapace fondre. Il n’avait pas peur de lui ouvrir les portes de son passé, même s’il refusait de le faire. Il partait du principe que, puisque la vie des autres ne l’intéressait pas, il n’y avait aucune chance que les autres s’intéressent à lui. Et ça ne devait pas être totalement faux, dans le fond. « On ne touche pas à la marchandise, sans y mettre le prix ! » Beau s’approcha alors et vint, à son tour, lui chatouiller les côtes. Il aurait bien risqué un baiser dans le coup, mais ça lui semblait nettement moins approprié. Il cessa son manège pour poser la question qui lui venait principalement à l’esprit. Parce que, bien sûr, Ella ne pouvait pas avoir fait le déplacement uniquement pour le voir. Personne ne ferait une chose pareille. C’était le genre de type qu’on aimait bien croiser, certes, mais certainement pas celui après qui on courrait !

Beau l’avait alors quitté un instant, histoire de passer cette fichue commande qui lui avait échappée. Il ne comprenait comment il était possible de toujours être aussi absent. Surtout qu’il avait pris soin de se concentrer en revenant. Il avait refusé obstinément d’oublier. Et voilà que c’était arrivé malgré tout, il n’était donc, visiblement, pas fait du tout pour ce job. Peut-être même qu’il n’était fait pour rien. Un scientifique se devait de rester les deux pieds sur Terre même si sa tête demeurait dans les étoiles, en serait-il seulement capable ? « Sympa, le gyrophare! (…) Tu l'auras sur le dessus de ton camion d'éboueur pour prévenir les gens de sortir leurs poubelles! Ça c'est classe ! » Beau offrit un sourire conquit à Ella. Voilà pourquoi il aimait bien cette fille, elle avait l’art de dire ce qu’il voulait entendre. Ces choses que les gens bien trop sérieux refusaient d’entendre. « Je t’emmènerai sur mon cheval blanc, princesse ! » Parce que, oui, pour le jeune homme un camion d’éboueur valait cent chevaux blancs. Ca avait tellement plus de classe, et dans un sens, cela était nettement plus digne d’un conte de fée. Les contes de fées, ce sont ses récits un peu étranges qui ne racontent que des choses absurdes, impossible. Alors vous savez, un prince sur un cheval blanc c’est loin de valoir un Beau dans un camion rouillé et un gyrophare lumineux. « D'ailleurs ... tu te souviens de ce que je prends, d'habitude? » « Certains choses valent la peine qu’on les retienne. » avait-il prononcé sans même penser à réfléchir. Et ce n’était pas totalement faux. Il ne retenait pratiquement rien. Les choses s’accumulaient dans son cerveau, mais jamais très longtemps. Pourtant, des détails parfois futiles lui encombraient l’esprit. Si bien qu’il aurait pu sortir la plaque d’immatriculation d’une voiture qu’il n’avait vu qu’une fois au cours de sa vie. Toutefois, Ella avait à ses yeux beaucoup plus d’importance qu’une quelconque immatriculation et c’était pour cette raison qu’il n’avait rien oublié. Muffin au chocolat et thé glacé ! Un sourire s’afficha sur ses traits lorsque son souvenir fut affirmé par son amie. « UN MUFFIN AU CHOCOLAT ET UN THE GLACE, ET PAR PITIE, NE PRENEZ PAS VOTRE TEMPS. C’EST LA REINE D’ANGLETERRE QU’ON SERT LA ! » hurla-t-il en direction de la cuisine. Il n’avait même pas réalisé qu’il avait retenu plus d’informations sur Ella qu’il voulait bien le faire croire. Ne pas oublier qu’elle venait d’Angleterre et presque un exploit pour lui !

« Ça m'avait manqué de venir ici, je m'en rends compte seulement maintenant ... » Le regard qu’elle posa sur lui le fit sourire. Parfois, dans ses yeux bleus, il revoyait ceux de Gabriel. Et comme il lui manquait, son frère. Mais le moment n’était pas le plus adapté pour replonger dans ses souvenirs alors qu’un serveur vint apporter les commandes à Beau. Il fit un signe de la tête pour qu’on les dépose sur le plan de travail avant qu’Ella ne lui propose une idée qui le fit sourire à nouveau. Un agenda électronique ? A quoi bon ! Il savait pertinemment qu’il finirait par oublier l’agenda. Le problème était là. Aucune capacité mémorielle pour les choses qui ne l’intéressait pas et autant le dire, les commandes à la pelle n’avait jamais son loisir favori. « Oh, c’est vraiment gentil, Ella. Mais tu me connais, je serais capable de l’oublier sur chaque table après mon passage ! Ca me ferait une belle jambe, tiens. » Il prit le plateau sur lequel ses commandes étaient installées et lui désigna son muffin du menton, avant d’ajouter avec précipitation : « Récupère tes biens, je vais nourrir les lions et je prends ma pause ! » Il lui fit un petit clin d’œil et quitta l’arrière café pour se rendre en salle où les clients mécontents l’attendaient. Il passait plus de cinq bonnes minutes à excuser son retard et son étourderie. Il les pria longuement de n’en rien dire à son patron, jouant sur ses yeux de cockers. Il avait bien sûr remporté la bataille, mais cela ne ferait pas de lui un homme sauve, c’était certain. De son pas trainant, il repartit en direction inverse afin de retrouver son amie. Un sourire ravi s’accrocha à ses lèvres alors qu’il prit deux chaises dans un coin de la pièce pour les attabler au plan de travail. « Est-ce que le déjeuner de madame est à la hauteur de ses espérances ? Ah et au fait, tu nous as beaucoup manqué par ici aussi. Georges n’a pas cessé de me tanner pour savoir où était la petite blonde. J’ai franchement la tête d’une carte routière ? Non mais, je te jure ! » Beau offrit un petit clin d’œil malicieux à Ella tout en s’accoudant à la table. Georges était un jeune étudiant qui travaillait une ou deux fois par mois au café, c’était le fils du patron et, bien qu’elle ne l’ait sans doute jamais remarqué, il en pensait pour Ella. Ce qui amusait beaucoup Beau qui n’avait jamais prit la peine de refreiné les ardeurs de son collègue. Au contraire, il prenait un malin plaisir à les alimenté de petits mensonges futiles en tout genre. « Ah et aussi… » sa voix se fit soudain murmure, il approcha doucement de la jeune fille afin de créer un périmètre de confidentialité où ses secrets ne seraient pas trahis. « J’peux pas retenir les commandes, sinon je grillerai mon masque. Tu sais, je suis un super héros, en vrai. Genre j’ai des supers pouvoirs et tout. Je lis dans les pensées, je vois sous les fringues, ce genre de truc quoi… alors si je commence à paraître intelligent, ça sera trop captant. Et je veux pas. Comment je pourrai aller sauver les chats errants après ça ? » Il était tellement persuadé de ce qu’il racontait que n’importe qui aurait pu le croire. N’importe qui d’un peu ouvert d’esprit, bien entendu. Mais cela n’était pas donné à tout le monde et il évitait d’ailleurs de le faire souvent. Il se mit alors debout, tourna sur lui-même et posa soudain son regard sérieux dans le celui d’Ella : « Il me faut un costume. Faut que j’essaye de mettre mon caleçon par-dessus mon jean… t’en penses quoi ? Ca peut le faire ? Ou peut-être que je devrais être plus original… SUR LA TÊTE LE CALECON ! » Un petit rire lui échappa alors qu’il s’imaginait très bien la scène.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Mer 13 Juil - 7:55

« Certains choses valent la peine qu’on les retienne. » Surprise et flattée de voir qu'il se rappelait sa commande, l'adolescente eut un sourire radieux alors qu'elle prenait toutefois grand soin de garder une distance raisonnable entre Beau et elle de manière à ne plus se faire chatouiller de la sorte. Excessivement chatouilleuse, la jeune fille n'avait pas pu s'empêcher d'éclater de rire en tentant de le repousser de la maigre force de ses bras, trop occupée à se concentrer sous les chatouillis pour que sa manoeuvre ait réellement un sens. « UN MUFFIN AU CHOCOLAT ET UN THE GLACE, ET PAR PITIE, NE PRENEZ PAS VOTRE TEMPS. C’EST LA REINE D’ANGLETERRE QU’ON SERT LA ! » Écarlate, les joues de la jeune fille virèrent au rouge alors qu'elle s'approchait de son ami pour poser délicatement l'une de ses mains sur son bras et l'autre sur sa bouche. Ella avait toujours été timide face à l'attention exacerbée qu'on lui portait ou les compliments qu'on lui faisait, en ayant de toute évidence été privée pendant trop longtemps. « Elle est trop vieille la reine! Dis leur que c'est pas vrai! » Elle relâcha néanmoins son emprise sur son ami, conservant simplement ses doigts autour de son bras, mais s'éloigna brusquement lorsqu'un serveur passa le pas de la porte pour amener à Beau les commandes dont il avait besoin. Le regard du serveur glissa sur les boucles blondes de la jeune fille, mais il ne fit aucun commentaire avant de disparaître à nouveau. Ce n'était pas comme si personne ne la connaissait, non plus, étant donné qu'elle avait tout de même passé une bonne partie de son temps à traîner dans le coin avant que les examens ne viennent tout gâcher. Ils avaient donc sans doute saisi le lien qui unissait Beau à Ella et ne cherchaient pas la petite bête s'il n'y avait pas lieu de le faire. Toutefois, elle était consciente de retarder son ami et demeura tranquille jusqu'à ce que le serveur ne s'évanouisse de l'autre côté de la porte, n'ayant en aucun cas envie de subir des remontrances ou, pire, en faire subir à Beau par sa faute. L'adolescente ne put s'empêcher de lui dire son idée, persuadée que c'était ce qui lui fallait, mais n'ayant décidément pas pensé à tout. Beau ne fut pas long à faire fondre son sourire, alors qu'elle devenait désormais songeuse. « Ce n'est peut-être pas la meilleure idée, tu as raison. »

« Récupère tes biens, je vais nourrir les lions et je prends ma pause ! » « Merci! Je t'attends et ... reviens vite! » fit-elle en le regardant partir, les yeux rivés sur la porte qui venait tout juste de se refermer derrière lui. Ne tenant plus, elle prit un morceau du muffin que Beau lui avait donné et dut admettre qu'il était toujours aussi bon, enb plus d'être énorme! Chocolat et thé glacé lui valaient parfois un regard curieux, alors qu'une personne sensée n'aurait jamais pensé à combiner les deux pour un petit déjeuner. Or, Ella ne faisait pas comme tout le monde et adorait observer les réactions autour d'elle, lorsque réactions il y avait. Tout en dégustant sa bêtise chocolatée, l'adolescente attendit le retour de son ami, qui ne se fit pas attendre. Alors qu'elle avait pris place sur le comptoir du plan de travail, elle se laissa glisser au sol en voyant qu'il apportait des chaises et s'y assit en emportant son butin. « Est-ce que le déjeuner de madame est à la hauteur de ses espérances ? Ah et au fait, tu nous as beaucoup manqué par ici aussi. Georges n’a pas cessé de me tanner pour savoir où était la petite blonde. J’ai franchement la tête d’une carte routière ? Non mais, je te jure ! » « C'est parfait! Tiens ... » Elle avait sortit de sa poche le billet que lui avait laissé jackson pour payer son petit déjeuner et le déposa sur le plan de travail, face à son ami. Un peu soucieuse toutefois, elle arqua un sourcil en souvenir de ses dernières phrases. « Georges ... ? Mais ... Je le connais à peine! » Étonnée, elle haussa finalement les épaules, persuadée de ne jamais pouvoir comprendre le comportement des garçons. Captivée alors que son ami s'approchait pour lui parler tout bas, l'adolescente fit un mouvement pour se rapprocher aussi avant de s'éloigner brusquement, les bras croisés sur sa poitrine. « Tu vois sous les vêtements? JE LE SAVAIS! C'est pour ça que t'es heureux que je vienne! » Entrant volontairement dans son jeu, Ella refusa de baisser les bras malgré qu'elle sache pertinemment que Beau ne pouvait pas voir sous ses vêtements. C'était l'une des seules choses dont elle était certaine, en fait. En voyant son ami se lever, Ella haussa les sourcils, amusée. « Il me faut un costume. Faut que j’essaye de mettre mon caleçon par-dessus mon jean… t’en penses quoi ? Ca peut le faire ? Ou peut-être que je devrais être plus original… SUR LA TÊTE LE CALECON ! » Se relevant aussitôt de façon à poser ses mains sur ses bras pour le retenir, Ella posa son regard bleu dans le sien. « Je ne veux pas voir ton caleçon alors tu l'enlèves pas! » Plissant les yeux dans une attitude qu'elle voulait menaçante, elle refusa de le lâcher, son cerveau tournant à toute vitesse pour trouver autre chose. Elle avait complètement oublié ce supposé pouvoir qu'il possédait et préférait tout de même le retenir plutôt que de le voir retirer son pantalon devant elle.

« Une perruque ce serait bien! Et un gros nez ... Et ... pourquoi pas un peu de maquillage? Tu serais cool en joker-sauveur-de-chats-errants! » Elle avait tripoté les cheveux de son ami, puis son nez, en même temps qu'elle pinçait les lèvres pour observer l'image qu'elle se faisait de lui. Loin d'admettre qu'elle serait plutôt effrayée de le voir retentir avec ce genre de déguisement, elle préféra laisser son imagination divaguer et laissa retomber sa main le long de son corps. « Je te vois bien, en sauveur de chats ... Tu pourras toujours les héberger dans ton camion. » admit-elle, pensive, alors qu'elle relevait la tête vers lui pour le dévisager, un petit sourire rêveur aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Ven 15 Juil - 14:20

« Merci! Je t'attends et ... reviens vite! » Un sourire avait glissé sur les lèvres de Beau à l’entente de ces mots. Il devait admettre qu’avoir la sensation de compter un minimum pour une personne lui faisait du bien. Savoir que quelqu’un l’attendait quelque part était une sorte de promesse sortit de l’un de ses songes. Toutefois il n’avait fait aucune remarque et c’était compté d’aller faire son job. Après tout, lui, il n’avait pas le droit de s’arrêter pour bavasser. Pas avant sa pause. Et bien que celle-ci ne devait pas arriver avant un bon moment, il allait s’octroyer le droit d’en changer. Qu’importe son patron et ses réprimandes, il avait beaucoup mieux à faire que de servir des muffins, du café ou des pancakes. Bref, il exécuta rapidement sa part du marché et regagna son territoire principal. Celui qu’il aurait préféré ne jamais quitté, surtout pour entendre des réprimandes sur la lenteur légendaire. Tout le monde ne pouvait pas être parfait et Beau était, par exemple, le plus parfait des êtres imparfait ! Par conséquent, c’était vraiment déplacé d’exiger certaines choses de lui, surtout lorsque l’on savait qu’il n’y arriverait pas. C’était comme demander à un aveugle de voir, il pouvait le vouloir de toutes ses forces, la nature était loin de l’aidé. Enfin soit, il changea donc de discussion en abordant un sujet qui l’amusait. « Georges ... ? Mais ... Je le connais à peine! » Beau haussa les épaules face à cette remarque. Il était vraiment la dernière personne à pouvoir expliquer pourquoi en un ou deux regards le cher Georges avait craqué sur la jolie Ella. Il n’avait jamais véritablement eu ce genre de prise de conscience. il trouvait ça même très absurde, puisqu’en effet, ils se connaissaient à peine. Cela suffisait-il pour réclamer une présence ? Beau n’en savait rien et dans le fond, il s’en moquait pas mal. Il se contenta de sourire amusé et déclara : « Je suppose que c’est ce qu’on appel un coup de foudre ! Concept assez puéril d’ailleurs parce que techniquement, un coup de foudre… tu tombes raide mort. Le pauvre vieux il est toujours vivant, certes, agonisant de ton absence mais… » Bien sûr, il en ajoutait des tonnes. Il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin, c’était drôle de pouvoir constater la réaction d’Ella. Généralement, les filles qui apprennent ce genre de truc rougissent à en pleurer et se sentent toute chose. Fallait avouer que Georges n’était pas moche. Mais pour une raison qu’il ignorait, il avait la conviction étrange que ça n’intéresserait pas Ella autant que les autres. Et peut-être aussi qu’il n’avait pas envie de la partager. Il avait trouvé une personne capable de le supporter et ça, ça ne courait pas les rues ! Autant qu’il lui mette une laisse au cou, histoire de pouvoir la trimballer partout avec lui.

Et donc, par pur esprit d’égoïsme, il avait décidé de détourner la conversation. Parlant de fait tout droit venu de son imagination. Évidemment, il avait sortit les capacités les plus débiles qu’il avait en réserve. Comme si un super héros avaient besoin de savoir ce qui se cachait sous les vêtements des autres ! Enfin, si, c’était utile s’ils avaient des armes mais… « Tu vois sous les vêtements? JE LE SAVAIS! C'est pour ça que t'es heureux que je vienne! » Beau laissa échapper un rire en voyant Ella s’éloigner vivement en protégeant sa poitrine. Tout le monde n’aurait pas eu la gentillesse de se montrer aussi attentif à ce qu’il pouvait dire. D’autres personnes auraient même roulés des yeux avant de partir et de le laisser planter là. Il était content de ne pas devoir brider son imagination comme ça, c’était tellement plus simple pour lui. Arquant un sourcil il susurra : « Parce que tu crois qu’il y a quelque chose à voir ? » Bien sûr, il plaisantait. Il était loin d’avoir son regard braqué sur la poitrine d’Ella, mais il savait qu’à son âge, ça avait déjà relativement bien poussé. Et bien qu’aucune paire de seins n’aient jamais su attirer son regard, il savait que c’était quand même un endroit stratégique dans ce que les autres appelaient : les atouts pour plaire. « Et puis, je te dis que je lis dans les pensées et toi, tu préfères dissimuler ça ? Crois-moi, ce qui se trame dans ta tête est bien plus imposant que ce que tu dissimules sous tes deux petits bras frêles. » Un nouveau rire lui échappa alors qu’il était déjà entrain de jouer au con en prétendant vouloir ôter son caleçon pour le passer par-dessus son pantalon. La réaction vive d’Ella l’empêchant de joindre son geste à la parole lui fit arquer un sourcil, mi-amusé mi-désabusé. Tout le monde était tellement pudique ! Comme si tous les corps n’étaient pas faits de la même façon, franchement. « Je ne veux pas voir ton caleçon alors tu l'enlèves pas! » « C’est mon caleçon que tu ne veux pas voir, où ce qu’il cache ? » Il avait haussé les sourcils à maintes reprises, un regard coquin et un sourire mutin accroché aux lèvres. Il n’allait pas se foutre à poil devant elle, non plus. C’était qu’une gamine et il n’était pas une sorte de pédophile à la recherche de sensation forte. C’était juste Beau avec idées ridicules et ses discours insensés.

« Une perruque ce serait bien! Et un gros nez ... Et ... pourquoi pas un peu de maquillage? Tu serais cool en joker-sauveur-de-chats-errants! » Il se laissa tripoter sans esquissé la moindre résistance. De toute façon, ce n’était pas considérable comme attouchement sexuel. Même pas drôle. « Je te vois bien, en sauveur de chats ... Tu pourras toujours les héberger dans ton camion. » Le regard rêveur qu’elle lui offrit le fit sourire. Cette histoire était tout bonnement ridicule et pourtant, ça l’amusait. Il n’aurait su expliquer pourquoi, mais il aimait bien voir Ella dire des bêtises plus grosses que des maisons. Il passait son temps à le faire, alors, pourquoi pas elle ? « Je suis content de te voir. » Il haussa les épaules, un sourire niais placardé sur ses traits. Il ne faisait pas ce genre de « déclaration » très souvent. Parce qu’il devait avouer qu’il n’aimait pas donner cette sensation d’être attaché à quoi que ce soit. Il se fichait de tout, c’était évident pour tout le monde. Il reprit donc rapidement contenance et changea à nouveau le fil de la conversation : « Je préfère ne pas être un super héros. Trop de contraintes. Je crois que je préfèrerais être… hmm, oh je sais, une star de cinéma ! J’aurais des tas d’affiches avec mon nom, des millions de fans et… Oui, en fait non. Je supporterais pas de savoir que je serais une sorte d’icône. Je suis trop unique pour faire de moi un produit de marketing, tu crois pas ? Alors, je serais un raton-laveur. Juste… un raton-laveur. Oui. Ça, c’est bien. Un raton-laveur. » Plus il répétait ce mot, plus il appréciait l’idée. Un raton-laveur, oui !
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Dim 17 Juil - 6:03

« Je suppose que c’est ce qu’on appelle un coup de foudre ! Concept assez puéril d’ailleurs parce que techniquement, un coup de foudre… tu tombes raide mort. Le pauvre vieux il est toujours vivant, certes, agonisant de ton absence mais… » « Tu te moques de moi! » Ella lui donna un léger coup dans les côtes avant de prendre place face à lui, un peu soucieuse. « Je ne crois pas au coup de foudre. L'amour, ça sert à rien. » avoua-t-elle pour la première fois depuis des lustres, alors qu'elle s'était rendue compte, il y a peu, que ça amenait bien plus de problèmes que ça pouvait amener de joie. Tentant de faire taire les sentiments inconnus qui lui bousillaient la cervelle et qui faisaient battre son coeur beaucoup plus rapidement, l'adolescente se mordit la lèvre. Elle pouvait bien dire ce qu'elle voulait, mais jamais elle ne réussirait à se désintéresser suffisamment de tout le monde pour ne plus rien ressentir. C'était le prix à payer pour se montrer aussi généreuse et attentionnée. Elle s'attachait aux gens, elle les voyait vivre, elle les regardait partir. Beau finirait peut-être par partir lui aussi, lorsqu'il se serait rendu compte que San Francisco n'avait rien de mieux à lui offrir que New York ou Los Angeles. À quoi bon tenter de les retenir puisque les gens étaient plus futés qu'elle ne savait l'être elle-même et que s'éloigner de ceux qui avaient compté n'était pas aussi difficile pour eux que ce l'était pour elle. Pourquoi ne pouvait-elle pas demeurer indifférente? Pourquoi ne pouvait-elle pas passer à autre chose aussi facilement? Sans doute la réponse était-elle là, juste sous son nez. Elle ne réussissait pas à tourner la page parce que c'était ce qui lui avait toujours manqué. Une stabilité, une barrière, un équilibre. Comment pouvait-elle espérer retrouver ça maintenant, alors qu'il fallait parfois des années pour y arriver?

« Parce que tu crois qu’il y a quelque chose à voir ? » Arquant un sourcil en baissant les yeux sur sa propre poitrine, Ella haussa les épaules avant de reporter son attention sur lui, les bras toujours croisés. S'il n'y avait rien à voir et si Beau le lui disait aussi clairement, elle devint étonnamment silencieuse, se demandant pourquoi elle avait dû subir tout ça, alors. Un homme aimait les femmes, non? Il aimait les seins, les courbes féminines, les hanches! Elle n'avait rien de tout ça, comment pouvait-elle seulement comprendre ce qui avait pu le pousser à commettre de tels actes? Elle ne comprendrait jamais, sans doute, et c'était peut-être mieux ainsi. À quoi bon tenter de pénétrer l'esprit de son bourreau alors qu'il était désormais à des kilomètres et des kilomètres de San Francisco? À rien sinon à faire renaître la peur et l'angoisse au creux de ses traits, sentiments qui avaient presque finit par s'évanouir avec le temps, mais qui, toutefois, n'attendaient qu'une situation particulière pour se montrer. « Et puis, je te dis que je lis dans les pensées et toi, tu préfères dissimuler ça ? Crois-moi, ce qui se trame dans ta tête est bien plus imposant que ce que tu dissimules sous tes deux petits bras frêles. » Relevant la tête alors qu'elle avait baissé les yeux sous la honte qui l'assaillait, la jeune fille tenta de faire le vide dans son esprit, pour la forme. Il ne pouvait peut-être pas lire dans les esprits, mais il la connaissait sans doute suffisamment pour savoir que quelque chose la préoccupait, ce qu'elle préférait éviter. S'il avait pu lire dans ses pensées et qu'il voyait à quel point cette histoire revenait toujours la hanter dans les moments où elle s'y attendait le moins, que penserait-il d'elle? Qu'elle était faible? Qu'elle ne parvenait pas à tirer un trait sur un passé qui la pourchassait? Secouant vivement la tête au moment même où Beau s'amusait à débiter l'une de ses nouvelles idées, il n'en fallut pas moins à Ella pour intervenir. « C’est mon caleçon que tu ne veux pas voir, où ce qu’il cache ? » « Les deux. » avoua-t-elle simplement avant de tenter de lui trouver une autre façon de s'amuser que de se passer un caleçon au-dessus de la tête.

« Je suis content de te voir. » « Même si je suis entrée par effraction et que je t'ai forcé à prendre ta pause plus rapidement? » demanda-t-elle avec un petit sourire amusé, réussissant peu à peu, comme toujours lorsqu'elle était en sa compagnie, à empiler dans un coin de sa tête ce qu'elle n'était pas parvenue à effacer de sa mémoire. « Moi aussi. Moi aussi, je suis contente de te voir. » Elle avait doucement glissé ses bras autour du corps de son ami pour le serrer contre elle, fermant les yeux pour profiter de la chaleur que lui offraient ses bras. « [...] Alors, je serais un raton-laveur. Juste… un raton-laveur. Oui. Ça, c’est bien. Un raton-laveur. » Ella se mit à rire avant de se mettre sur la pointe des pieds et de s'éloigner juste un peu, de manière à dessiner le contour de ses yeux de l'un de ses doigts, « Avec du maquillage, tu pourrais même leur ressembler! Pour la queue par contre ... Je crois que ça va t'ennuyer de trimbaler un truc aussi touffu ... » Sans arrière-pensée, de la plus pure des façons, Ella venait de faire un lapsus dont elle ne prit conscience que quelques secondes plus tard. Préférant ne pas s'attarder sur le sujet plus que nécessaire, l'adolescente fit un pas de côté pour couper tout contact physique et rejoignit de nouveau sa place en s'empressant de prendre une gorgée de son thé glacé.

« Moi, je voudrais être ... » Redressant les yeux, la jeune fille ne savait pas quoi répondre alors que Beau avait déjà une panoplie de futures professions. Toutes plus irréalistes les unes que les autres, mais un futur quand même. Ella, elle, n'avait aucune idée de ce qu'elle voulait faire et cette fois, même le rêve ne parvenait pas à lui donner ce qui lui manquait. « Quand j'étais petite, je voulais devenir une princesse, quand je serais grande. Simplement parce que c'était le surnom que me donnait mon père, tu te rends compte? Toi aussi, tu l'as fait. Mais y'a bien longtemps maintenant que je me suis rendue compte que ce n'était pas un métier! » avoua-t-elle avec un brin de sourire, passant délicatement une main dans ses cheveux. « Ou je deviens une souris, si tu promets de pas me bouffer! »
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Beau Lennon
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Lun 18 Juil - 15:49

« Tu te moques de moi! » Beau laissa échapper un rire alors qu’il encaissa le petit coup qu’Ella lui mis dans les côtes. Il se moquait si peu, en temps normal, elle n’allait pas lui en vouloir pour ça, tout de même ! Et puis, ce n’est pas comme si sa plaisanterie était bien méchante ou pire, comme s’il allait tirer encore et encore sur ce fil. Les blagues les plus courtes sont les meilleurs et même Lennon, aussi à côté du monde soit-il, le savait. « Je ne crois pas au coup de foudre. L'amour, ça sert à rien. » Cette fois, le jeune homme fronce les sourcils, mécontent. En effet, l’amour, ça ne sert à rien. C’est un sentiment dont les gens usent et abusent pour un rien. Ils prennent l’amour pour excuse ou s’en servent comme défense. L’amour, c’est un peu le diesel de la vie actuelle. Ça démarre au quart de tour, mais ça s’use vite. Oui, ça ne sert à rien. Et très certainement, les coups de foudre n’existaient pas. Du moins, rien n’avait été prouvé scientifiquement à ce sujet. Mais cela ne l’empêchait d’être déçu pour Ella. Si lui-même avait été désillusionné dès son plus jeune âge à ce sujet, il estimait que tout le monde ne devait pas pâtir d’un tel ressentiment. Encore moins une jeune fille comme Ella. Leur amitié lui avait fait découvrir son côté rêveur et la fantaisie qu’elle pouvait mettre dans les choses, elle ne pouvait, décemment pas, prétendre que l’amour était inutile. Même si on lui avait montré, par A + B, que c’était le cas. Il refusait tout bonnement qu’elle crache sur le bonheur à tout juste seize ans. Elle n’avait encore rien vécu d’assez beau pour lui prouver que l’amour existait, mais il était prêt à lancer le pari de lui redonner la foi. « L’amitié c’est de l’amour. Tu trouves que ça ne sert à rien ? » La question est posée simplement et dans le fond, il n’attend pas de véritable réponse. Il ne voulait pas lui redonner un espoir qui serait vain, il ne voudrait pas être le responsable de ses drames mais il estimait qu’un brin de doute lui serait toujours bénéfique à une absence totale de croyance. « Par contre, tu devrais croire au coup de foudre ! L’autre jour en classe, on a étudié un cas particulièrement intéressant… Bon ok, la femme est morte mais… » Il la pousse du bout de l’épaule, quitte à ne pas croire au coup de foudre, autant imaginé les vrais dommages !

Beau voulait avant tout amuser son amie et lui faire oublier les passes difficiles de sa vie. Lui permettre de bâtir dans son quotidien un monde de rêve. Un monde qui n’existerait que dans leur tête et où ils seraient rois. Un peu comme dans ses films qu’il avait eu l’occasion de voir. Mais sans le vouloir, ses propos atteignaient plus la jeune fille qu’il n’avait cru cela possible. Gêné de ne pas être l’ami idéal, il se demanda pourquoi elle était venue. Il ne pouvait pas manquer à quelqu’un. Laisser une espèce de trou béant dans la poitrine de qui que ce soit. C’était un sentiment qu’il ne comprenait pas. C’était sans doute un trait de famille, d’ailleurs. Jamais il n’avait eu l’impression que son absence avait gênée à sa mère. Oh bien sûr, elle avait essayé de se rattraper plus tard mais la douleur qu’il ressentait en la voyant était si vivace qu’elle faisait naître la haine. Il avait honte. Tellement honte de n’être qu’un pantin de papier dans ce monde en carton. Peu à peu, Beau comprit qu’il se déconnectait tout bonnement de la réalité pour vivre dans son passé. Cela lui déplut. Il était si facile de se souvenir et si facile de sombrer dans une mélancolie qu’il voulait à tout prix éviter. Cela le poussa donc à émettre un nombre d’idée incalculable et débile sur ce qu’il serait capable de faire. Tout cela n’était que du pipo. Un pipo qu’il adorait. Parce qu’au moins, personne ne lui prendrait. « Avec du maquillage, tu pourrais même leur ressembler! Pour la queue par contre ... Je crois que ça va t'ennuyer de trimbaler un truc aussi touffu ... » Beau fronça les sourcils alors que la jeune fille dessinait sur sa peau des cercles du bout des doigts. Puis, il se laissa aller à la réflexion. Une queue. Touffue. En effet, la queue, ce n’était pas une bonne idée. Pas une seconde il ne viendrait à l’esprit d’interpréter cette phrase autrement. Il est bien trop obnubilé par son histoire de raton-laveur. Quant à Ella, elle faisait un pas de côté pour rejoindre sa place et boire une gorgée de son thé glacée. Un sourire amical s’installa sur les lèvres du jeune homme alors qu’à son tour, il retourna s’asseoir.

« Moi, je voudrais être ... » La question l’intéressait. Il n’a jamais véritablement compris pourquoi tout le monde voulait devenir autre chose que lui-même. C’était absurde. « Quand j'étais petite, je voulais devenir une princesse, quand je serais grande. Simplement parce que c'était le surnom que me donnait mon père, tu te rends compte? Toi aussi, tu l'as fait. Mais y'a bien longtemps maintenant que je me suis rendue compte que ce n'était pas un métier! Ou je deviens une souris, si tu promets de pas me bouffer! » Beau hausse des épaules, soudain agacé par cette conversation. « Souris c’est pas plus un métier que princesse, Ella. Et puis, les ratons-laveur ça bouffent pas les souris, on laisse ça au chat ou au lion. » Sa voix est calme et pourtant, il en veut à Ella de se brider ainsi. Pourquoi ne pourrait-elle pas être une princesse si elle le voulait ? Et princesse était un métier bien plus imposant que n’être qu’un vulgaire animal à la queue trop lourde. Il fronce les sourcils et adopte la mine soucieuse des grands jours. Dans sa tête, milles idées bouillonnent. « Aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ta vie ! » Satisfait de cette citation tout droit sortit d’un film, Beau s’empare de la main d’Ella et la traine à l’extérieur du petit café dans lequel il travail. Le froid le mordille la peau, mais il s’en moque. Il n’aime pas les lamentations et la spirale dans laquelle ils se sont plongés ne risque pas de s’évanouir s’ils s’obstinent à penser si sérieusement. Il relâche la main de la jeune fille et sans penser à la prévenir, il s’installe sur le sol. De tout son long. Les passants le regardent de travers. Quel est ce fou qui se couche au beau milieu du trottoir les empêchant de voguer à leur occupation ? Ce fou qui vit sa vie en fonction de ses choix et non ceux des autres. Allongés sur le dos, alors que des piétons l’enjambent en râlant, Beau pose son regard dans celui d’Ella et dans une voix qu’il veut ferme il déclare : « Viens à côté de moi, je veux te montrer quelque chose. » La demoiselle n’a pas intérêt à se montrer réticent à l’idée, elle a juste à s’exécuter. Et sans même prendre le temps de voir si elle va véritablement le faire ou non, Beau lève un doigt qu’il pointe vers le ciel : « Ton château, il est tout là-bas. Et même si tu penses que ce n’est pas un métier, et même si tu penses que ça n’en vaut pas la peine, il y aura toujours quelque chose qui t’attendra là-bas. Parce que c’est comme ça, la vie, Ella. C’est un enchainement de choses qu’on doit vivre pour avancer. Parfois ça fait mal, parfois, on refuse d’y croire… Mais si on ne le fait pas, il nous reste quoi ? » Les yeux de Beau se mettent à briller, lui aussi il a son propre paradis tout là haut…
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Ella Nielson
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Mar 19 Juil - 8:32

« L’amitié c’est de l’amour. Tu trouves que ça ne sert à rien ? » Redressant vers lui des prunelles surprises, mais ravies, la jeune fille eut un sourire timide sans savoir quoi répondre. Bien sûr que l'amitié servait à quelque chose, elle n'aurait même pas su survivre toutes ces années si elle n'avait pas eu quelques bons amis pour la détendre et lui prouver que le monde n'était pas que ce qu'elle croyait qu'il était, à savoir: destructeur. Encore une fois, à son arrivée à San Francisco, elle avait pu compter sur un petit nombre de personnes qu'elle chérissait plus que tout au monde et qui, encore une fois, l'avaient fait mentir concernant sa théorie pourrie de la vie. Malgré les obstacles et les embûches, il ne faisait aucun doute qu'elle vivait ici ses plus beaux mois depuis de longues années. « Par contre, tu devrais croire au coup de foudre ! L’autre jour en classe, on a étudié un cas particulièrement intéressant… Bon ok, la femme est morte mais… » « Superbe exemple, vraiment! Tu y crois, toi? » demanda-t-elle en arquant un sourcil amusé, persuadée qu'il ne disait cela que pour tenter de la faire changer d'avis. Selon elle, son ami n'était pas le genre de personne à croire en l'amour tout court, étant un peu trop à l'écart de son monde pour ça. Il lui semblait que cette notion d'amour réciproque et de grands témoignages d'affection devaient lui passer dix pieds au-dessus de la tête sans jamais l'atteindre. Peut-être se trompait-elle, évidemment, puisqu'au final, elle ne le connaissait pas tant que ça malgré les après-midi en sa compagnie à commander un muffin pour le déjeuner et une tasse de chocolat chaud un peu plus tard, alors qu'elle ne parvenait pas à terminer ses numéros de révision. Elle avait accueilli le petit coup porté à son épaule avec un sourire, jugeant mériter le retour de bâton.

« Souris c’est pas plus un métier que princesse, Ella. Et puis, les ratons-laveur ça bouffe pas les souris, on laisse ça au chat ou au lion. » « C'est bien trop petit, pour un lion! » affirma-t-elle en haussant les épaules, un petit sourire aux lèvres. Elle avait oublié à quel point elle ne devait pas fermer son esprit lorsqu'elle était en compagnie de Beau et c'était justement ce qu'elle adorait chez lui. Elle aurait pu être n'importe qui qu'il l'aurait toujours regardée avec cette petite étincelle de bonheur au creux de ses prunelles. « Aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ta vie ! » Intriguée, l'adolescente leva les yeux et abandonna son muffin et son breuvage en tendant docilement la main pour suivre son ami à l'extérieur. Frissonnant à cause du vent qui s'engouffrait sous son pull, la jeune fille le remonta d'un léger geste de la main pour tenter de se protéger du froid. Abasourdie, elle observa Beau s'asseoir au sol en libérant sa main et Ella fusilla du regard ceux qui osaient murmurer sur leur passage. « Viens à côté de moi, je veux te montrer quelque chose. » L'adolescente ne mit que quelques secondes avant de prendre place à ses côtés, sans savoir ce qu'il voulait lui montrer. Avec délicatesse, elle posa sa tête sur le thorax de son ami, les yeux rivés vers le ciel. « Ton château, il est tout là-bas. Et même si tu penses que ce n’est pas un métier, et même si tu penses que ça n’en vaut pas la peine, il y aura toujours quelque chose qui t’attendra là-bas. Parce que c’est comme ça, la vie, Ella. C’est un enchainement de choses qu’on doit vivre pour avancer. Parfois ça fait mal, parfois, on refuse d’y croire… Mais si on ne le fait pas, il nous reste quoi ? » « Rien ... » murmura-t-elle alors qu'elle se retournait de façon à poser son menton sur le torse de Beau pour le regarder. Elle ne savait pas ce qu'avait été sa vie avant qu'elle le connaisse, mais elle était persuadée que rien n'avait été facile pour lui non plus. La façon qu'il avait de se complaire dans l'irréel, dans les rêves plutôt que de vivre la réalité de son quotidien en disait long sur son besoin d'évasion, tout comme elle adorait s'évader et penser à autre chose. Lorsqu'elle était avec lui, elle oubliait pendant un instant ce passé qui la hantait et ces cauchemars qui la terrifiaient encore. Jackson était sans doute l'un des seuls à être réellement au courant, avec Jed, puisque tous deux avaient été les seuls à partager le même appartement. Et avec Beau, cette peur et cette honte de ne pas savoir mettre de côté ses appréhensions et ses craintes s'évadaient pour ne laisser place qu'à la Ella d'avant, celle qui aimait s'inventer des histoires et un monde parallèle.

« Alors ... Dans ce cas-là, je veux mon château. Avec au moins deux tourelles! » précisa-t-elle avant de laisser son sourire s'élargir et de se redresser de façon à libérer le passage. La rue était presque déserte quand on la comparait à ce qu'elle était d'habitude, mais elle préférait tout de même ne pas rester dans le chemin trop longtemps. Se déplaçant vers l'arrière, sur le gazon, elle entraîna Beau avec elle, rigolant en le tirant par les aisselles.L'adolescente remonta ses jambes contre sa poitrine avant de poser de nouveau sa tête sur l'épaule de son ami, fermant les yeux en cogitant encore une fois ses paroles dans sa tête. Beau avait raison, Beau avait toujours eu raison. Ça ne servait à rien de se complaire dans la réalité alors qu'on pouvait avoir tout ce qui n'était habituellement pas à notre portée. « Pourquoi t'es là toi? T'aurais pu rêver partout ailleurs et pourquoi t'es à San Francisco? » Et avant de lui laisser le temps de répondre, elle plaqua un doigt sur la bouche du jeune serveur. « Je sais. » murmura-t-elle en haussant simplement les épaules. « T'es venu ici parce que c'est le destin. Il fallait que je te rencontre et que je rêve moi aussi. » laissa-t-elle tomber avec douceur en serrant son bras délicatement, sans le regarder. « Je pensais que j'étais différente quand j'étais avec toi ... Mais en fait, c'est la même moi, juste ... améliorée! » Pouffant de rire à ses propres paroles dépourvues de sens à ses yeux, Ella redressa simplement le menton afin de poser ses prunelles dans celles de son ami. Après tout, elle laissait simplement la meilleure part d'elle-même prendre le dessus, lorsqu'elle était avec Beau, il n'y avait rien de plus simple que ça!
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Mar 26 Juil - 23:25

« Superbe exemple, vraiment! Tu y crois, toi? » Détournant son regard, Beau examina la pièce avec un intérêt nouveau. Il aurait certes du s’attendre à un retour de manivelle, mais pas une seconde il n’avait imaginé une quelconque réponse à ce genre de question. Non. Bien sûr que non, il n’y croyait pas. Ce fut le cas à un moment. Mais ce moment n’avait duré qu’une fraction de secondes, de minutes, d’heures, de semaines tout au plus. Beau ne croyait pas en l’amour. Mais ce n’était pas le sentiment qu’il réfutait obstinément. Bien au contraire, il adulait ce sentiment comme on voue un culte à une équipe de football. Il avait trouvé dans les exaltations de l’amour, les rebonds de son existence. Il ne l’avait pourtant frôlé que du bout des doigts, mais il savait que ça devait exister. Ce n’était pas vraiment l’amour qu’il dédaignait. Même s’il était persuadé qu’il était toujours utilisé à tort. Ce qu’il haïssait, c’était l’être humain, plus précisément. L’être humain et sa manie de se montrer atrocement simplet et incapable d’accepter ses faiblesses. Les gens ne comprennent rien à ce qu’ils peuvent ressentir, ils préfèrent prétendre que ce n’est rien, que ça ne durera pas. Et c’est ça qui gâche la tendresse des cajoleries et des coups de foudre. On ne peut pas aimer sans entrave si on n’est pas capable de s’abandonner à quelqu’un d’autre que soit. « Ce que je crois ou non, c’est mon problème. Tu ne veux pas savoir si j’y crois. Tu demandes juste si ça en vaut la peine. » Beau marqua un bref silence, se décidant finalement à déposer ses prunelles dans celle d’Ella. Il hausse une épaule, un léger sourire traverse son visage. « Oui. Ca en vaut la peine. Il faut simplement ne pas lui accorder plus d’importance que nécessaire. » Cette phrase en disait tellement sur ses pensées secrètes, que Beau en frissonna d’agacement. Il n’aimait pas dévoiler son intimité. Même si c’était Ella et même s’il n’avait honte de rien devant elle, être faible, c’était aussi quelque chose qu’il refusait. Beau, humain malgré lui. Amoureux de la vie, plus que quiconque dans ce monde.

Jouant le tout pour le tout, le jeune homme emmena à l’extérieur et n’hésita pas une seconde avant de s’installer sur le sol froid. Il n’en avait rien à faire des passants. Seule son amie à ses côtés l’intéressait. « Rien ... » Ce mot résonna douloureusement dans son esprit. Rien. Un simple mot qui suffisait à qualifier l’essence même de sa vie. Son palpitant manqua de lui transpercer la poitrine, quasi suffoquant, Beau ferma les yeux violemment. Oublier. Faire semblant. Ignorer. Et ce fut le moment que choisi Ella pour déposer son menton sur son torse ; le ramenant brutalement à la réalité. Leur réalité, leur univers, leurs fantaisies entrelacées. « Alors ... Dans ce cas-là, je veux mon château. Avec au moins deux tourelles! » « Tout ce que tu voudras. » se contenta-t-il de murmurer. Hausser la voix le sembla impensable, il aurait eu l’impression de trahir ce moment. Prononcé d’autres mots l’était tout autant. Il lui rendit son sourire lorsqu’elle lui en offrit un et fronça les sourcils de l’avoir s’écarter si facilement de la voie public. Pourquoi les choses finissaient-elle toujours par ne durer qu’une fraction de seconde ? Il ne s’en formalisa toutefois pas et se laissa trainer vers l’arrière. Accueillant sa tête sur son épaule comme une caresse du bout des doigts. Dans un même geste, ils fermèrent les yeux. N’était-ce pas une preuve qu’ils avaient toujours été perdus dans ce monde d’adulte ? Enfant trop grand pour être considéré comme tel, adolescent vieillissant et adulte en devenir. Erreurs de la nature peut-être. Ou simplement différents. Dans le fond, on s’en moquait pas mal de savoir ce qu’ils étaient. Ils l’étaient et ça suffisait à Beau. « Pourquoi t'es là toi? T'aurais pu rêver partout ailleurs et pourquoi t'es à San Francisco? » Pour rien, pourquoi pas, je ne sais pas, on verra. Les réponses étaient nombreuses mais aucune ne lui convenait véritablement. Il fut heureux de voir Ella déposa son doigt sur sa bouche pour l’empêcher de répondre une bêtise. « Je sais. T'es venu ici parce que c'est le destin. Il fallait que je te rencontre et que je rêve moi aussi. » La réponse lui plaisait. Il ne l’aurait jamais trouvé tout seul. Innocemment, heureux d’être considéré comme une sorte de cadeau du destin, il sourit. La pression sur son bras ne le gêna pas. Ella pouvait lui prodiguer toutes les attentions qu’elle voulait, il ne s’en sentait pas frustré. Au contraire. « Je pensais que j'étais différente quand j'étais avec toi ... Mais en fait, c'est la même moi, juste ... améliorée! » Il adorait le son de son rire. Il adorait les carillons qui lui caressaient ses oreilles. Il tourna la tête vers elle, plongea son regard dans le sien, et à son tour haussa des épaules. « Je ne veux pas que tu sois différente. » Les attitudes que Beau employaient avec Ella étaient les mêmes qu’avec n’importe qui. Simplement qu’avec elle, c’était plus simple. Elle acceptait ce qu’il était. Sans poser de question. Sans vouloir tout savoir. C’était ça qui rendait leur relation particulière. C’était ça qu’il aimait.

« Je ne pense pas t’améliorer, ceci dit. » le son de sa voix était doux et son regard indifférent ne quitta pas celui de la demoiselle. Il était on ne peut plus sérieux. Il lui sembla que cette phrase n’avait pas de sens. Qu’elle résonnait en lui comme un mensonge qu’il était impossible de saisir. « Ella, tu es belle. Tu es brillante. Tu es vivante. Il n’y a rien à améliorer. Il faut simplement que tu puisses accepter celle que tu deviens. Laisser derrière toi la petite fille abîmée… » Laisser derrière lui le petit garçon abîmé, écorché, détruit… Souvent il avait essayé de le faire. Souvent il avait voulu l’oublier. Mais c’était trop difficile à faire. Pas tout seul. Simplement, voilà, il n’avait trouvé personne pour l’y aider. Peut-être qu’Ella sur une sorte de clé qui fermerait définitivement cette serrure ? Peut-être qu’avec le temps, elle serait son remède. Peut-être, oui. Pour la première fois, c’est lui qui laisse tomber sa tête sur son épaule et enlace ses doigts au sien. Sa main libre vint caresser la peau pâle de son bras, alors qu’un sourire enfantin venait éclairer son visage. « Je peux être ton prince, si tu veux. Je ne te garanti pas le cheval blanc, les enfants, les happy ends mais… Je ferai tout ce que je peux pour ton bonheur. » C’était à ça que ça servait l’amitié. Être là, toujours présent, essayer de croire au bonheur. Jolie petite histoire.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Mer 27 Juil - 1:15

« Oui. Ca en vaut la peine. Il faut simplement ne pas lui accorder plus d’importance que nécessaire. » Muette, la jeune fille réfléchissait aux paroles de Beau alors qu'elle savait qu'il avait raison. Mais comment cracher sur un peu d'amour lorsque, depuis des années, on en était privée? C'était facile à dire, mais Ella ne parvenait pas à demeurer indifférente à ce qui se passait autour d'elle, elle ne parvenait pas à s'éloigner de façon à ne pas s'attacher. C'était déjà trop tard; les gens qui avaient pris place dans sa vie comptaient désormais trop pour elle et elle était persuadée de n'avoir jamais ressenti une telle chose pour ses amis. Elle avait décidé d'ouvrir son coeur et elle ne pouvait pas revenir en arrière; c'était trop dur d'oublier et de tirer un trait sur l'une des plus belles années de sa vie.

Elle n'avait pas envie de réfléchir et c'était sans aucun doute la raison pour laquelle elle avait suivit Beau sans protester. La tête ainsi posée contre l'épaule de son ami, dehors, face au regard des maigres passants, face au vent, Ella se sentait bien. « Je ne veux pas que tu sois différente. [...] Ella, tu es belle. Tu es brillante. Tu es vivante. Il n’y a rien à améliorer. Il faut simplement que tu puisses accepter celle que tu deviens. Laisser derrière toi la petite fille abîmée… » « Je ... » Surprise, l'adolescente plongea son regard dans le sien, comme s'il venait de lui faire le plus beau des cadeaux. Timide, modeste, Ella n'avait jamais beaucoup aimé les compliments, mais de la part de Beau, ils lui semblaient prendre un sens tout à fait différent. Elle n'était pas exceptionnelle, elle ne savait rien faire d'époustouflant et elle ne voyait pas comment on pouvait s'intéresser à elle. Petite, elle avait eu son père pour lui dire à quel point elle était belle, à quel point elle ferait de grandes choses, mais ces convictions étaient mortes en même temps que lui. Si son frère avait tenté de poursuivre sur la même lancée, quelqu'un d'autre avait eu un avis différent et s'était contenté de détruire ses rêves et tout ce qu'elle avait réussi à construire. La petite fille abîmée était toujours là et il lui semblait qu'elle prenait d'assaut son coeur dans les moments où elle s'y attendait le moins, comme si elle attendait de la savoir vulnérable pour se manifester. Les doigts de la jeune fille s'étaient resserrés avec force sur le bras de Beau alors qu'elle regardait droit devant elle en prenant une grande respiration de manière à contenir du mieux qu'elle le pouvait ce flot d'émotions qui était prêt à la submerger. « Il y a des blessures qui ne guérissent pas, même avec toute la bonne volonté du monde. » murmura-t-elle simplement en acceptant la tête de Beau posée sur son épaule et en laissant ses doigts enlacer les siens. La caresse de son ami sur elle la fit frissonner alors qu'elle avait fait un mouvement brusque pour s'éloigner, comme un sursaut. Reprenant en quelques secondes à peine ses esprits, sa main agrippa avec force la sienne alors qu'elle se refusait à le regarder. C'était vrai, elle savait que certaines blessures resteraient à jamais gravées en elle et il lui suffisait d'un geste pour s'en rendre compte. « Je ne sais pas comment faire ... Je ne sais pas comment devenir celle que je dois être... » avoua-t-elle en fermant les yeux. Elle ne parvenait pas à apaiser ses sentiments, mais elle ne parvenait pas non plus à les laisser s'exprimer comme elle aurait aimé pouvoir le faire.

« Je peux être ton prince, si tu veux. Je ne te garanti pas le cheval blanc, les enfants, les happy ends mais… Je ferai tout ce que je peux pour ton bonheur. » Redressant finalement ses prunelles céruléennes dans les siennes, la jeune fille prit un moment d'attente avant de répondre, comme si elle tentait de jauger sa proposition, comme si elle voulait à tout prix savoir s'il disait ou non la vérité. Mais Beau était comme ça, il disait ce qu'il pensait et l'adolescente savait qu'il ne dirait rien simplement pour lui faire plaisir. Elle espérait, en tout cas. « Bien sûr que je veux! » Elle s'était jetée à son cou pour déposer un baiser sur sa joue en fermant les yeux, alors qu'elle comprenait de plus en plus là où l'amitié pouvait la mener. Avec Jed, avec Phoenix, avec Beau ... Tout lui semblait tellement plus facile maintenant qu'elle avait des gens sur qui compter. Faire face, seule, lui avait soutiré toute l'énergie qu'elle avait réussi à emmagasiner, mais elle avait l'impression qu'elle redevenait peu à peu la Ella qu'elle aurait dû être. Peut-être était-ce ce qu'avait voulu dire Beau, peut-être avait-il compris peu à peu qu'elle tentait de laisser derrière elle la cauchemar de son ancienne vie? Elle essayait de le faire - elle essayait vraiment! - mais personne ne savait combien de temps ça prendrait, pas même la horde de médecins qui l'avaient examinée en lui posant mille et unes questions. Lorsqu'elle ouvrit les paupières, le visage à quelques centimètres de celui de son ami, la jeune fille sourit. « Et si je suis heureuse, tu devras me promettre de l'être aussi. J'ai déjà un truc pour t'aider! » Et puis, laissant ses mains se balader sur ses côtes et le long de son dos, Ella se mit à le chatouiller en riant, sans prendre la peine de chasser le retour de bâton. Photographiés, ainsi, dans cette position intemporelle, ils auraient pu, tous deux, représenter les enfants qui jouaient dans l'herbe devant la maison ou même les adolescents qui apprenaient à se connaître, sans tabou, ni rien. Ils étaient simplement eux-mêmes.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Jeu 28 Juil - 20:13

« Je ... » Touché. Beau venait de se rendre compte du manque de tact dont il faisait preuve. Il ne réfléchissait jamais avant de parler, toujours honnête, il était incapable de trahir ses pensées. Mais lorsque les mots qu’il prononçait lui parvenaient aux oreilles, il réalisait combien il avait été fou de les dire. Combien les choses parfois méritaient d’être tenues secrètes. Il aurait de se taire, simplement parce que ses paroles avaient un impact trop imposant sur Ella. Mais dans le fond, il savait qu’il devait le dire. Il fallait qu’elle se rende compte que les choses n’étaient peut-être pas pour le mieux, mais qu’elle serait toujours importante. Au moins à ses yeux. Et même si cela ne voulait rien dire, c’était mieux que l’ignorance totale de ce fait. « Il y a des blessures qui ne guérissent pas, même avec toute la bonne volonté du monde. » Cette réplique le fit sourire tristement. Il ne le savait que trop bien. Combien de fois n’avait-il pas essayé de chasser ses souvenirs, en vain ? Combien de fois n’avait-il pas fermé les yeux violemment pour empêcher les images de défiler ? Il savait ce qu’Ella ressentait. La différence entre lui et elle, c’est qu’il ne parvenait pas à mettre les mots dessus. Il ne parvenait tout simplement pas à s’y raccrocher. Justement. Il avait tellement cherché à les fuir que tout cela lui semblait aujourd’hui inintéressant et tout bonnement sans importance. D’apparence en tout cas. Car il demeurait et sans doute demeurerait-il toujours, ce petit garçon délaissé. « Je sais. Mais parfois, il suffit de se raccrocher à la guérison. » Était-il vraiment persuadé de ce qu’il disait ? Probablement pas, non. Beau disait les choses comme il les voyait sur le moment, ou comme il savait que les gens voulaient qu’il les voit, mais cela ne signifiait pas qu’il était capable de les appliquer. La guérison, fallait-il encore la trouver. Et il était persuadé qu’il était loin d’y être. Ella était a des années lumière de sa guérison. Elle avait pris un abonnement a vie pour le pack dépression. Comment lutter contre ça ? « Je ne sais pas comment faire ... Je ne sais pas comment devenir celle que je dois être... » Il y avait-il seulement quelque chose à faire ? Silencieux, Beau gardait la main d’Ella dans la sienne tout en réfléchissant à ses propos. Que répondre à cela ? Que dire ? Devait-elle seulement devenir quelqu’un ? Toutes ses questions lui semblaient à la fois pénibles et grotesque. Pourtant, il les trouvait nécessaire. Parfois, lorsque l’on se fixe un but, les choses sont plus simples. « Tu es déjà celle que tu dois être. C’est juste que tu n’es pas encore assez grande pour le remarquer. Mais je peux te dire que tu es parfaite comme tu es et peu importe ce que tu deviens, cela le sera tout autant. » Sujet trop lourd, trop pénible. Insupportable conversation qui finissait par le privé de son éternelle nonchalance. Soupirant, Beau secoua la tête légèrement, chassant de sa mémoire les dix dernières minutes qui venait de s’écouler.

Son regard planté dans le sien et le silence qu’elle faisait trainer apaisa Beau. Bien. Tant mieux. Les choses pouvaient enfin reprendre une tournure plus sympathique et moins prise de tête. Moins de douleur, moins de souvenirs. « Bien sûr que je veux! » Pour toute réponse, Beau acquiesça silencieusement. Et lorsqu’elle se jeta à son cou pour déposer un baiser sur sa joue, il ne recula pas. Se contentant de lisser glisser ses doigts dans la chevelure blonde de son amie. Vivre le moment présent, c’était tout ce qui importait et finalement, il ne voulait rien demander de plus à la vie. « Et si je suis heureuse, tu devras me promettre de l'être aussi. J'ai déjà un truc pour t'aider! » Sa notion de bonheur était nettement différente de celle des autres. Pour lui, être heureux, c’était une utopie. Il savait pertinemment qu’il ne pourrait jamais l’être. Trop de chose l’empêcher d’être pleinement satisfait de son existence. Trop de manque, trop de souvenir, trop de détresse, trop de trop que le monde ignorait. Même le rire d’Ella et les chatouillait qu’elle lui prodiguait ne pouvait pas le rendre suffisamment innocent pour lui permettre le bonheur. Et dans le fond, il n’avait pas envie de l’être. Il avait accepté sa vie telle qu’elle était, il avait accepté de vivre dans son monde et il était désormais trop tard pour vouloir bousculer ses habitudes. Doucement, Beau repoussa les mains d’Ella et vint la défier du regard. En toute simplicité, alors qu’il haussait les épaules, il rétorqua : « Je ne fais pas de promesses, Ella. » Jamais il n’avait promis quoi que ce soit et il se refusait de le faire. Simplement parce qu’il se savait incapable de tenir une promesse. Surtout lorsque celle-ci incluait un terme inaccessible de son vocabulaire. Plus il y réfléchissait, et plus il se rendait qu’il était loin d’être libre. Il se donnait cette image de crédulité, de naïveté, de bêtise par moment pour faire croire à tous qu’il était libre de chacun de ses actes. Mais c’était à lui-même qu’il mentait. Combien de mot n’avait-il pas volontairement banni de son existence ? Combien de choses ne se refusait-il pas ? « Et je déteste les chatouilles ! » Un sourire naïf glissa sur ses lèvres alors qu’il attrapa le menton de la jeune fille entre ses doigts. Plantant son regard malicieux dans le sien, il le laissa dévier jusqu’à ses lèvres et innocemment, il demanda : « Peut-être que c’est comme dans les films ! Pour devenir celle que tu dois être, tu dois recevoir un baiser de ton prince ! » Mais finalement, il relâcha prise. Incapable de faire quelque chose qui pourrait mettre son amie mal à l’aise. Laissant son dos retomber lourdement contre le mur, il porta son regard vers le ciel. « Ou peut-être qu’il faut juste une bonne grosse pluie, histoire qu’on se prenne un bon morceau de vie dans la face. » Sauf qu’en été, il ne pleut pas Beau…
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Sam 30 Juil - 1:46

« Je sais. Mais parfois, il suffit de se raccrocher à la guérison. [...] Tu es déjà celle que tu dois être. C’est juste que tu n’es pas encore assez grande pour le remarquer. Mais je peux te dire que tu es parfaite comme tu es et peu importe ce que tu deviens, cela le sera tout autant. » Se mordant la lèvre en laissant son pouce glisser délicatement le long du dos de la main de son ami, Ella réfléchit à ses paroles en fermant doucement les yeux. Étrangement, elle n'avait plus froid. Elle avait finalement redressé ses prunelles dans celles de Beau, silencieuse, alors qu'il lui semblait qu'elle ne s'était pas sentie aussi détendue depuis un long moment. Les mots de son ami lui avaient fait plaisir et bizarrement, elle ne se sentait pas timide face à ses compliments. « C'est gentil, tu sais. Avec le temps, on finit par oublier, j'imagine... » murmura-t-elle simplement en jaugeant du regard la réaction de Beau. Elle avait l'impression qu'il avait dû mettre certaines choses de côté, lui aussi, en oublier certaines et conserver celles qui méritaient d'être chéries et conservées au plus profond de son coeur. Au final, lui, comme elle, comme tout le monde, ne désiraient se rappeler que les bons souvenirs et oublier ceux qui les avaient fait pleurer ou hurler; ils n'étaient pas si différents. Dans ses rêves les plus fous, Ella n'était que la plus ordinaire des adolescentes, sans horrible passé, sans souvenirs désagréables, avec une famille normale, complète et heureuse. Dans ses rêves les plus fous, elle n'aurait pas besoin de réfléchir et ferait tout ce qu'elle voudrait, sans même prendre la peine de peser les pour et les contre. Dans ses rêves les plus fous, elle serait libre de choisir et son coeur ne serait pas prisonnier de l'étau qui se resserrait sur elle depuis des années et qui commençait tout juste à la laisser respirer. tout allait mieux, depuis quelques temps, mais elle savait que ce n'était pas encore tout à fait au point, que sa peur d'être délaissée, abandonnée, reviendrait au galop lorsqu'elle s'y attendrait le moins et que tous ses autres cauchemars reviendraient la hanter sans même lui laisser un instant de répit.

En riant, la jeune fille n'avait pas pris conscience de ce que ses mots pouvaient représenter pour lui et fut soudain surprise de le voir repousser ses mains, alors qu'elle n'avait que cherché à le faire rire. « Je ne fais pas de promesses, Ella. » Heurtée par ces mots qu'elle avait répété tant de fois, elle aussi, elle demeura silencieuse, la bouche légèrement entrouverte. Pas de promesses. Elle avait longtemps cru que les promesses étaient faites pour être brisées, mais elle avait l'agréable impression de voir ce sentiment évoluer de façon positive maintenant qu'elle côtoyait des gens qui lui avait appris à y croire. Elle eut néanmoins un sourire dès lors qu'il affirma ne pas aimer les chatouilles, consciente d'avoir fait son petit effet. Les doigts de Beau sur son menton, son visage à proximité du sien, tout semblait avoir été mis en oeuvre pour la rendre mal à l'aise, mais si la surprise étirait ses traits, Ella ne comprenait pas ce qui se passait. Elle n'avait pas peur et si ses muscles étaient tendus, c'était surtout par principe, comme elle s'y était habituée de nombreuses fois auparavant. Ses doigts serraient la main de son ami alors que son regard curieux, malicieux, plongeait dans les prunelles de Beau avec la délicatesse dont Ella savait faire preuve lorsqu'elle était en sa compagnie - malgré ses ongles qui ne tarderaient pas à se planter dans sa peau s'il ne la forçait pas à le lâcher, cela dit! « Peut-être que c’est comme dans les films ! Pour devenir celle que tu dois être, tu dois recevoir un baiser de ton prince ! » Amusée, l'adolescente se mordit la lèvre pour ne pas rire alors que Beau relâchait déjà son étreinte pour se reposer contre le mur. Si Ella n'aurait pas su définir ce qu'elle ressentait en ce moment même, elle était persuadée qu'il s'agissait d'une certaine forme de déception. Elle aurait aimé pouvoir comprendre et voir ce que ça faisait, elle aurait aimé pouvoir poser ses lèvres sur les siennes et se dire que ce n'était plus qu'un rêve, que c'était réel. « Ou peut-être qu’il faut juste une bonne grosse pluie, histoire qu’on se prenne un bon morceau de vie dans la face. » « Avec ce temps, ça m'étonnerait ... » avoua-t-elle avec un petit sourire, relâchant l'emprise qu'elle avait sur la main de son ami.

« Ou peut-être qu'elle n'attend que ça pour se réveiller, la princesse ... » murmura l'adolescente avec un sourire complice avant de se laisser tomber dans l'herbe, les paupières closes, à quelques centimètres du muret. Jouant parfaitement la comédie, Ella déposa l'une de ses mains sur son ventre, comme elle avait vu blanche-Neige le faire si souvent dans son cercueil de verre et laissa son autre main glisser jusqu'à Beau pour le tirer légèrement vers elle, les yeux toujours fermés. Son coeur palpitait à cent milles à l'heure et elle ne ressentait même plus le froid et le vent sur sa peau; seule la présence de Beau lui importait pour l'instant. Et puis, ouvrant un oeil malicieux, elle se mordit de nouveau la lèvre pour ne pas rire. « J'ai toujours rêvé de faire ça ...! Tu veux bien me construire un cercueil pour que les nains puissent l'ouvrir ...? Après tu ... » Laissant sa phrase en suspens, elle s'était redressée, juste un peu, de la seule force de son coude posé sur l'herbe. Ses prunelles étaient attirées comme un aimant par celles de son ami et elle ne parvenait plus à se désintéresser de son regard.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Lun 1 Aoû - 18:22

« C'est gentil, tu sais. Avec le temps, on finit par oublier, j'imagine... » Beau n’avait pas cherché à être gentil ou à faire plaisir. Encore une fois, tout était une question de sentiment et de sa manière si détachée de le faire. Il n’avait pas honte des mots, des mots restaient des mots. Certes, bon nombre d’entre eux le hantaient mais cela ne signifiait pas qu’il ne pouvait pas les employer si son cœur en ressentait le besoin. Toutefois, il ne put s’empêcher de scruter les yeux d’Ella lorsqu’elle prononça ses mots. C’était faux. Elle imaginait mal. Ce n’était pas aussi facile la vie. On a beau dire qu’il faut du temps au temps, ce n’est pas cela qui guérira toutes les blessures. Certes, il les soigne mais… « On n’oublie jamais rien, Ella. On s’habitue simplement à vivre avec. C’est comme l’absence d’un être cher. Au début, ça te bouffe, te dévore, te vole toute énergie vitale. Après, tu y penses moins souvent. Tu dis que, peut-être, tout est mieux de son côté de l’herbe. Et finalement, tu t’es accommodé à son absence. Le manque n’est plus aussi vivace. Il revient par moment. Mais sinon, il semble somnolé. On n’oublie rien, non. Je n’imagine pas ça. Je pense juste que… » Il se tut. Refoulant un léger sanglot dans un coin de sa gorge, manquant de s’étrangler à cause de cette sensation dévorante de perdre toutes notions de sa réalité. Son rêve prenait la poudre d’escampette et s’il ne parvenait pas à s’y rattacher, il finirait déchiqueté sous les lames de ses souvenirs. Tranchants et douloureux mémoires qui dans sa tête s’amusait à foutre un beau bordel. « Bref. Je crois juste qu’il faut arrêter d’imaginer et attendre. C’est la seule chose à faire. Puis, je te distrais là, non ? » avait-il demandé avec un sourire. Un mot, un geste et la distraction fait le reste.

Pour chasser son lourd aveu, Beau avait proposé une solution au problème de la jeune fille. Une solution dont lui seule avait le secret. N’importe qui n’aurait pas prononcé des idées aussi saugrenues, n’importe qui n’aurait tout simplement pas cherché à trouver une solution. Ella serrait si fort sa main qu’il se sentait indéniablement en vie et éveillé. Ce n’était pas qu’une sorte de rêve étrange qu’il se plaisait à imaginer. Ce n’était pas comme un fantasme qu’il tentait de façonner. C’était autre chose. Quelque chose de différent. « Avec ce temps, ça m'étonnerait ... » En effet. Si le temps était froid, le ciel était dégagé et clair. Aucune pluie ne menaçait de les assaillir à un moment inopportun. « Dommage… » Il aimait la pluie. Se sentir transpercer par ses perles d’eau le rendant davantage vivant que n’importe quoi d’autre. C’était un peu comme s’imbibé d’alcool et rire à la tronche des passants. Leur hurler que c’était le bon dieu qui leur pissait dessus. A force de vouloir trop vivre à côté des autres, il en venait parfois à ne plus les supporter. Si la pluie était pour lui un miracle, elle demeurait une punition pour les autres. « Ou peut-être qu'elle n'attend que ça pour se réveiller, la princesse ... » Beau eut un sourire ravi de voir qu’Ella jouait si bien la comédie. Parfois, il se demandait s’il ne lui en demandait pas trop avec toutes ses idées farfelues et sa vision des choses. Il se demandait si elle ne faisait pas tout ça dans l’unique but de lui faire plaisir. Mais dans le fond, il savait que ça dépassait ce stade. Ils en étaient venus à un point tel qu’ils faisaient désormais les choses pour eux-mêmes mais ensemble. Et c’était la beauté de tout cela qui lui plaisait. Parfois, en regardant Ella, il se disait qu’il n’arrivait pas à la regarder deux fois de la même façon. Son amitié pour elle évoluait si vite en fonction des situations qu’il avait cessé de réfléchir. Il n’y avait rien à comprendre. C’était comme ça, voilà tout. « J'ai toujours rêvé de faire ça ...! Tu veux bien me construire un cercueil pour que les nains puissent l'ouvrir ...? Après tu ... » Le regard sérieux mais pourtant emprunt de tendresse, Beau regarda son amie se mordre la lèvre et se redresser sur un coude. « Après je..? » demanda-t-il sérieux. Il connaissait déjà la réponse à la question, ou du moins, la devinait. Et il n’avait pas spécialement envie d’attendre des nains avant de répondre à cette requête. De toute façon, ils ne viendraient que bien trop tard. Beau s’approcha alors doucement de la jeune fille et caressa ses cheveux d’une main. Son visage était si proche du sien que leurs souffles se mêlaient. Cela le réchauffait et lui faisait totalement oublié la sensation de froid. Son regard vrilla sur les lèvres couleur cerise de la jeune fille alors que ses doigts entrelaçaient la chevelure blonde qu’ils avaient prise pour appât. « Pas besoin de nains… ferme les yeux. » Il avait soufflé dans un murmure innocent et puis, dans un geste doux, il déposa ses lèvres sur celle d’Ella. Ce contact fit naitre quelques frissons le long de sa colonne vertébrale alors qu’il peinait désormais à se détacher de ce contact. Depuis peu, il commençait à ressentir les choses comme tout le monde. Cette sensation étrange de ne faire plus quand dans deux corps séparés. Certes, ce n’était qu’en toute amitié mais… ça lui plaisait. Au bout d’un nombre incalculable de seconde, il rompit enfin le contact de leur lèvre alors que son pouce vint caresser doucement la joue d’Ella. Ses yeux s’accrochaient à chaque parcelle du visage de la jeune fille. Il aurait voulu dire un mot, sortir un son… un tout petit quelque chose. Mais non, rien. Seul le silence lui accordait son droit.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Mer 3 Aoû - 2:29

Bien sûr ... La disparition d'un proche ... Si ce sentiment ne lui était pas étranger, Ella savait pertinemment qu'elle n'était pas la seule à subir ou à avoir subi le décès d'un membre de sa famille ou d'une personne qu'elle chérissait. Elle savait l'effet que ça faisait et même si c'était il y a longtemps, elle avait encore l'impression, parfois, de ne pas savoir comment vivre avec, comme le disait si bien Beau. Vivre avec, ne pas oublier, mais tenter de faire sans; tous des principes qu'elle ne parvenait malheureusement pas à gérer aussi bien qu'elle l'aurait voulu. « J'aime l'idée d'un souvenir qui somnole ... » murmura-t-elle sans lâcher prise sur sa main. Elle allait même jusqu'à oublier la voix de son père, son odeur et si elle n'avait pas des photographies pour le lui rappeler, elle n'était même pas certaine de pouvoir le visualiser clairement. Elle se sentait coupable, parfois, d'oublier, de passer à autre chose et de ne pas penser à lui tous les jours comme elle le faisait enfant.

Et puis, se laissant doucement glisser dans l'herbe en visualisant le château et le paysage des contes de fées, la jeune fille avait laissé ses prunelles se poser dans celles de Beau en n'osant pas terminer la phrase qui vibrait sur ses lèvres et que son ami s'empressa de reprendre à sa place. « Après je..? » Sentant les battements de son coeur s'affoler alors que la main de Beau dans ses cheveux lui donnait des frissons, Ella devait lutter contre l'envie brusque et impulsive de s'éloigner de lui. Il était trop près, ses lèvres étaient trop près et pourtant, elle ne parvenait pas à faire un geste pour le repousser, pour lui dire de reculer alors qu'elle avait changé d'avis. Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait pas changé d'avis? Peut-être s'était-elle rendue compte qu'elle n'avait rien à craindre de son ami? « Pas besoin de nains… ferme les yeux. » Avec une confiance aveugle en lui, la jeune fille s'exécuta docilement, ses paupières se fermant avec délicatesse alors que sa main se posait sur l'épaule de son ami dans un geste indélibéré cherchant à tout prix à l'empêcher de s'approcher trop près d'elle. Or, dès que ses lèvres entrèrent en contact avec celles de Beau, son emprise sur son épaule ne se fit plus que caresse alors que le baiser de son ami s'avérait être tout ce qu'il y avait de plus doux au monde. Frémissante, Ella glissa ses doigts dans les cheveux de Beau alors que ses prunelles demeuraient hermétiquement closes et que ses lèvres cherchaient les siennes avec douceur. Rien n'aurait pu rompre la beauté de cet instant alors que la jeune fille avait tout à coup l'impression de s'élever sur un nuage. Jamais elle n'aurait pu croire que cet instant puisse être aussi magique, jamais elle n'aurait pu l'imaginer aussi paisible et pourtant, son coeur s'emballait et son corps se rétractait. Beau était à moitié sur elle et ce sentiment de le savoir à proximité ne l'effraya pas plus que nécessaire. Il était là et elle se sentait bien. Lorsque leurs lèvres se séparèrent et que le pouce de son ami caressa doucement sa joue, Ella ouvrit les yeux, le coeur en miettes. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer et elle n'avait plus du tout conscience du froid qui les entourait tous les deux. Les yeux rivés dans ceux de Beau, elle restait là, sans rien dire, le coude toujours planté au sol pour se retenir, sa poitrine se soulevant maintenant à un rythme un peu plus régulier. Sa main, posée sur l'épaule de son ami, glissa délicatement le long de son bras jusqu'à ce qu'elle puisse entrelacer ses doigts aux siens et fermer les yeux un moment. Beau l'avait embrassée. Beau l'avait embrassée et elle se sentait bien. Plus que bien.

Se redressant doucement alors que sa main tremblait dans celle de Beau, l'adolescente posa son front contre son épaule en serrant de nouveau ses doigts sous les siens. Perdue, le coeur embué de rêves et d'illusions - parce que c'était bien de cela qu'il s'agissait, non? - la jeune fille ne parvenait pas à mettre un mot sur ce qu'elle ressentait et sur ce qu'elle avait ressenti. Tout était encore trop complexe, trop difficile à comprendre pour qu'elle puisse le saisir. Elle était à deux doigts de se rendre compte que tout ne pouvait pas toujours être brusque et pervers, qu'il pouvait y avoir une petite flamme qui brillait dans les yeux de chacun d'entre eux. Déchirée, la jeune fille le serra finalement dans ses bras alors qu'une larme délicate s'affalait sur sa joue et qu'elle s'empressait de l'essuyer. « Même un prince n'aurait pas pu faire mieux ... » murmura-t-elle à son oreille en enfouissant sa tête tout contre son cou, ses cheveux blonds s'affalant ici et là sur les épaules de son ami. Reconnaissante, elle se mordit la lèvre alors qu'elle s'écartait de lui sans néanmoins laisser sa main, comme si ce simple contact pouvait la rassurer désormais. « Je n'avais jamais ressenti ça, avant ... » avoua-t-elle en posant ses prunelles dans les siennes, le jaugeant du regard. Jamais elle n'avait donné l'occasion à quelqu'un d'autre de l'embrasser. Seul ce monstre avait pu le faire, sans même qu'elle ait pu lui donner son accord. Et voilà qu'elle comprenait tout à coup la beauté de ce geste, alors que des étoiles brillaient dans ses yeux et qu'elle avait soudainement l'impression de se retrouver à des kilomètres de là.

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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Ven 5 Aoû - 6:29

Parfois on regarde le monde avec des yeux d’enfants, on se dit que rien ne pourra briser cette sensation paisible de liberté absolue et de bien-être intérieur. Parfois on regarde le monde comme s’il était un grand magasin de sucreries. On va de pots en pots à la recherche de notre friandise préférée. Parfois, on regarde le monde comme si tout était important, alors que finalement, tous demeuraient des enfants. Les adultes passent leur temps à mentir pour tout et pour rien. Avec eux, tout devait être sérieux et droit. Beau avait choisi sa voie et elle le menait tout droit vers un château en pain d’épice, troisième nuage sur la gauche. Son rêve, sa réalité, son monde… N’était plus que féérie et il avait pris plaisir à y emmener Ella. Sauf que voilà, il n’avait pas imaginé en arrivé là. Pressant ses lèvres contre les siennes alors qu’il entremêlait ses doigts à ses cheveux. Oh bien sûr, cela ne voulait rien, c’était une partie du rêve, sa continuité même, pourtant… Il avait l’impression d’avoir loupé le coche. Lequel et pourquoi, il ne savait pas. Il avait simplement l’impression d’avoir manqué une occasion de faire les choses bien et comme il faut. Peut-être n’aurait il pas du ? Peut-être allait-elle le détester ? Il fallait avouer que c’était un délire peu commun. N’importe qui ne décide pas comme ça, et sans raison valable, d’embrasser quelque d’autre. Et pourtant, si. Il n’avait rien calculé, n’avait aucun but et aucune idée en tête. Il l’avait fait, point barre. Lui en voudrait-elle ? Il trouva la réponse dans la caresse que sa main offrit à son bras avant que leurs doigts ne s’enlacent. Il la regarda cependant fermé les yeux, silencieusement. Il n’aimait pas cela. Il trouvait ce silence dérangeant et sa main commençait à devenir moite. Il avait loupé le coche. Il avait vraiment manqué quelque chose, détraqué la machine, abîmé son jouet. Non ? Plus Ella se mouvait sous ses yeux, plus ses doutes prenaient de l’ampleur dans son esprit. Alors que son front reposait sur son épaule, Beau sentit son cœur s’emballer dans sa poitrine. Il avait cassé Ella ! Sa main tremblant dans la sienne était un sienne et évident. Pourtant, il se cramponnait à lui comme s’il s’agissait d’une bouée de secours. Il n’y comprenait plus rien. Il ne savait pas s’il avait bien fait ou s’il avait simplement tout fait foiré. Et s’il l’avait vraiment cassée ? Abîmée ? Déchiquetée ? Il s’attribuait sans doute trop de tort mais les pulsations trop rapides de son cœur ne faisaient rien pour l’aider. « Même un prince n'aurait pas pu faire mieux ... » Mieux ? Beau se sentit soudain plus léger et parvint à se détendre alors qu’elle enfouissait sa tête dans son cou, le faisant frissonner. Quel horrible contact. Le cou. Il fallait vraiment qu’il se soigne à ce sujet.

Alors qu’elle se redressait, Beau essaya de déchiffrer ses pensées à travers ses belles prunelles d’eau. Il n’avait jamais fait attention à la couleur si particulière de ses yeux et aujourd’hui, il avait l’impression de les découvrir pour la première fois. Un fin sourire glissa sur ses traits alors qu’il exerça une pression sur la main de sa princesse d’un jour. « Je n'avais jamais ressenti ça, avant ... » Cette phrase lui fit l’effet d’un électrochoc. Beau fronça soudain les sourcils. Qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Il n’avait jamais été très doué pour saisir la profondeur d’esprit des autres et même avec Ella celui lui apparaissait comme impossible. Il se mit tout de même à douter. Dans le fond, Beau était loin d’être un expert en baiser. Il n’en avait jamais donné par envie. Son premier baiser avait été, d’après son frère, une sorte de cadeau d’anniversaire. Alors qu’il venait d’avoir seize ans, Gabriel lui avait apporté une jolie petite blonde qui se mordillait souvent les lèvres gênées. Il lui avait dit, sérieux et déterminé : bah, vas-y, embrasse-là idiot ! Soupirant, Beau avait refusé. Mais on ne disait pas non à Gabriel, il avait toujours les bons mots. Et finalement, Beau avait posé ses lèvres sur celle de la jeune fille. Très vite, trop vite. Il l’avait d’ailleurs fait pleurer. Les filles, une fois que ça ne va pas comme elles veulent, on n’en tire plus rien. Beau avait abîmée cette jolie blonde en lui volant un baiser des plus détestables. Il ne voulait pas qu’il en soit de même avec Ella. D’ailleurs, elle lui rappelait beaucoup et il ne pouvait s’empêcher de déjà regretter un peu. « Je suis désolé. » Il détourna soudain la tête, incapable de savoir comment réagir. Les prunelles d’Ella le transperçaient de part en part et il ne savait pas comment prendre ses regards. Il était désolé. Désolé d’avoir brisé le rêve, parce que pour lui, c’était ce qu’il venait de faire. Mais reprenant son courage à demain, il vint coller son front à celui d’Ella, croisant son regard et refusant de le lâcher. Ses doigts serraient trop étroitement ce qu’ils avaient le droit de posséder. Et dans un souffle, comme un murmure inaudible, il demanda : « J’ai tout raté ? Je ne suis pas un prince charmant, je ne suis qu’un enfant. » Il disait à une enfant qu’il n’était qu’un enfant. Alors que dans un an, il serait majeur. A quoi jouait-il ? Pourquoi refusait-il de grandir ? Pensait-il sérieusement que la valait la peine qu’il s’étouffe dans une enfance qu’il détestait ? Peut-être, peut-être pas. En tout cas, il ne savait plus comment agir avec Ella. Pour une fois, ce serait à elle de lui montrer le chemin étroit du rêve.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Ven 5 Aoû - 23:54

« Je suis désolé. » « Désolé ...? Mais ... » Incertaine quant à la marche à suivre en pareille situation, Ella laissa son pouce caresser le dos de la main de Beau sans parvenir à comprendre pourquoi il s'excusait. Il avait été tellement doux, elle s'était sentie chavirer entre ses bras alors que ce n'était qu'un baiser, pourquoi se sentait-il dans l'obligation de s'excuser? Elle aurait voulu qu'il la regarde pour qu'elle puisse essayer de comprendre, mais elle se rendait bien compte qu'il fuyait son regard comme la peste. Qu'avait-elle fait de mal? Ne l'avait-il embrassée que pour lui faire plaisir? Bien sûr, Ella, ce ne pouvait être rien d'autre. Un peu déçue de le savoir aussi distant alors qu'elle aurait préféré qu'il la serre dans ses bras, son voeu fut à moitié exaucé lorsqu'elle sentit la main de Beau écraser la sienne sous la force de son emprise et son front se poser contre le sien. La bouche légèrement entrouverte, incapable de dire quoi que ce soit alors qu'elle conservait ses prunelles au creux des siennes, Ella sentit son coeur s'emballer à nouveau. « J’ai tout raté ? Je ne suis pas un prince charmant, je ne suis qu’un enfant. » C'était donc ça ... Il avait l'impression d'avoir tout gâché alors qu,au contraire, la jeune fille avait l'impression qu'il n'avait fait que tout rendre plus beau encore. Alors qu'elle décollait son front du sien pour le regarder et poser un doigt sur sa joue, elle ne parvint toujours pas à comprendre ce qui poussait son ami à croire une telle chose. Peut-être avait-elle été trop rigide? Trop crispée? Peut-être avait-il cru qu'elle n'avait pas aimé? Ou qu'elle n'avait pas eu envie et qu'il l'avait forcée? À cet instant précis, ella avait l'impression de se retrouver face à Jed. Jed qui s'éclipsait et qui refusait ne serait-ce qu'un câlin de sa part. Jed qui ... Non. Beau n'était pas comme Jed et la preuve était devant elle puisqu'il venait tout juste de serrer sa main avec force pour lui faire comprendre qu'il était là, tout près. « Tu n'as rien raté. Au contraire, je ... C'était un baiser magique. » murmura-t-elle en se relevant doucement, sa main toujours au creux de la sienne. Elle ignorait depuis combien de temps ils étaient là, mais elle n'avait pas envie que Beau se fasse réprimander par sa faute. Tout lui semblait si simple en sa compagnie, tout lui semblait si léger, si doux, comme un vent de fraîcheur sur son coeur. Elle n'avait pas l'intention de fuir et elle n'en avait pas envie, non plus. Elle aurait voulu rester avec lui toute la journée durant, mais elle n'était pas sans savoir que l'employeur de son ami n'apprécierait certainement pas cette initiative puisqu'elle le dérangerait plus qu'autre chose.

Lorsque tous deux furent de nouveau à l'intérieur de l'espace réservé au personnel, Ella en tête, l'adolescente poussa doucement Beau contre le mur en attrapant ses deux mains dans les siennes. « C'est toi qui as dit qu'on peut être ce que l'on veut. » fit-elle avec malice en plongeant de nouveau son regard dans le sien. Se grimpant sur la pointe des pieds, leurs mains entrelacées, la jeune fille déposa un chaste baiser au coin de ses lèvres avant de fermer les yeux et de se laisser aller tout contre lui. L'étreinte lui fit du bien et elle en profita pour humer le parfum de la peau de son compagnon, subtil à travers le mélange d'effluves de muffin et de cuisson. Et pourtant, il sentait bon. « Tu fais un beau prince. » avoua-t-elle avec un sourire alors que ses joues prenaient une délicate teinte rosée. « Beau ... J'ai quelque chose à te demander. » Sérieuse, elle tourna la tête vers lui en jouant avec ses mains, cherchant volontairement à le faire patienter. Son visage se crispa dans une mimique imitant parfaitement celle d'Ella lorsqu'elle devait dire quelque chose et qu'elle n'y arrivait pas. « T'as mis quoi dans tes muffins? Parce qu'on dirait que je suis sur un nuage. » rigola-t-elle avec un grand sourire rêveur, mais radieux. Appuyée contre le mur, elle donnait l'impression de s'envoler vers une autre planète, ses cheveux blonds encadrant son visage, vêtue de son sweatshirt un peu trop grand dans lequel elle était tellement bien, pourtant. « Elle est longue, ta pause. Je viendrai t'emmerder plus souvent, alors! » fit-elle sans se départir de son sourire, amusée par la situation. Elle qui n'était passée que pour lui dire bonjour et déjeuner en sa compagnie s'était vue charmée par la douceur de Beau et n'avait pas vraiment envie de partir maintenant. Elle aurait aimé qu'il puisse repartir avec elle et marcher en sa compagnie; le froid n'aurait pas pu l'atteindre, comme ça et elle se serait retrouvée devant l'immeuble avant même d'avoir eu le temps de se dire qu'elle avait quitté le petit café. Pourtant, elle n'avait pas le choix, elle devrait rentrer bientôt et Beau ne pourrait décidément pas l'accompagner.
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Beau Lennon
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Sam 6 Aoû - 19:33

Il avait passé sa vie à faire les choses de travers, pourquoi ce baiser aurait été différent ? Il était évident qu’il avait également raté cela, qu’il avait gâché quelque chose même s’il n’était pas certain de savoir quoi. Dans le fond, il s’en voulait horriblement des réactions qu’il pouvait avoir. Il avait parfois l’impression qu’il ne parvenait tout simplement pas à faire ce qu’il fallait et comme il fallait. Ça l’agaçait, le fatiguait, le troublait même. Un peu comme un enfant qui vient de rendre une copie d’examen, il attendait le verdict. Et si, comme il le pensait, il y avait eu échec de la mission ? Sa main s’était crispée sur celle d’Ella sans qu’il ne s’en rende véritablement compte. « Tu n'as rien raté. Au contraire, je ... C'était un baiser magique. » Magique ? Beau répugnait ce mot plus qu’un autre. Magique, ça ne voulait rien dire. Magique, c’est un mot passe partout. On ne sait pas ce que ça veut dire et puis, surtout, la magie ça n’existe pas. Il disait souvent à Ella de laisser parler son cœur et de ne pas s’arrêter à la réalité, pourtant, il refusait cette comparaison qui était sans doute la plus juste aux yeux de la demoiselle. Magique ? Mais il n’y avait rien de magique à cela ! Il chercha toutefois à calmer les battements de son cœur agité lorsque la demoiselle se mit debout et l’entraina avec elle, puisqu’elle avait gardé sa main au creux de la sienne. Beau ne voulait pas rentrer. Il ne voulait pas rejoindre ces gens pour supporter leurs regards accusateurs. De toute façon, ils avaient trop trainé. Il allait probablement se faire renvoyer. Décidemment, il avait tout gagné ! Mais silencieusement, il suivit la jeune fille tout en scrutant le sol avec une passion dévorante et ridicule.

Une fois à l’intérieur du bâtiment, Beau ne résista pas à la bousculade d’Ella et vint se lover tout contre le mur. Acceptant sans ronchonner qu’elle lui prenne les mains pour les serrer étroitement dans les siennes. « C'est toi qui as dit qu'on peut être ce que l'on veut. » Oui ? Et alors ? Il ne comprenait pas où elle voulait en venir. Par un réflexe d’autodéfense puéril et franchement sans intérêt, l’étudiant détourna légèrement la tête lorsque son amie vint déposer un léger baiser au coin de ses lèvres. Un seul avait suffit, pas besoin de lui mettre la pression comme ça. Parce que oui, dans son esprit torturé, il avait toujours cette impression dévorante d’avoir loupé quelque chose. Mais il ignorait toujours quoi. La présence d’Ella serrer contre son cœur le gêna quelque peu. Pourquoi faisait-elle ça ? Si au début ça ne l’avait pas gêné, il trouvait soudain cela trop… trop. Il ne savait pas ce que tout cela voulait dire pour elle, mais pour lui, c’était évident qu’il y avait un souci quelque part. « Tu fais un beau prince. » Beau leva les yeux au ciel, finalement irrité de cette appellation. Non, Ella, il n’avait rien d’un prince. Les princes, ce n’était pas comme ça que cela fonctionnait. Les princes, c’était mieux. Les princes ça n’existait pas, voilà tout. Et même s’il avait prétendu bêtement que l’on pouvait être ce que l’on voulait être et bien… il s’était trompé, voilà tout ! Il ne savait pas pourquoi il se sentait soudain si contrarié. Est-ce parce qu’il avait peur qu’Ella ne voit en lui plus que ce qu’il n’y avait à voir ? Plus que ce qu’il laissait voir ? Peut-être, sans doute même. « Beau ... J'ai quelque chose à te demander. » QUOI ? Les mains du jeune homme commençaient à devenir moites alors qu’Ella jouait avec ces dernières. La mimique qu’il aperçu sur ses traits le dérida un peu et Beau se permit même un sourire. Tout doucement, il commençait à apaiser ses craintes. Mais il craignait malgré tout la fameuse question qu’elle avait à lui poser, bon, alors c’était quoi ? « T'as mis quoi dans tes muffins? Parce qu'on dirait que je suis sur un nuage. » Le regard du jeune homme laissa à peine entrevoir une lueur de contentement. Il était ravi de voir que, finalement, il n’avait pas tout gâché comme il avait pu le penser. « Si je te le dis, je devrais te tuer ensuite ! » lui avait-il dit en riant. La réponse à la question était simple ; de la poussière de fées. Dans tous les bons contes du monde, il y a de la poussière de fées ! C’était comme ça, pas autrement et sa réponse n’allait certainement pas diverger. « Elle est longue, ta pause. Je viendrai t'emmerder plus souvent, alors! » Beau ouvrit de grands yeux. Et merde. Non, ça pause n’était pas longue. Il aurait déjà du reprendre le boulot depuis un temps qui lui semblait incalculable et terriblement long ! Relâchant vivement les mains d’Ella, il quitta le mur et s’approcha discrètement de la salle pour observer ce qui s’y passait. Il allait se faire tuer ! Un monde fou était présent dans la salle et attendait d’être servi par… un serveur absent. Super, il avait encore tout réussi. Il retourna alors vers Ella et sans même s’en rendre compte, il déposa à nouveau un baiser sur ses lèvres avant d’ajouter hâtivement : « Elle n’est pas longue ! Je te laisse, princesse. Tu reviens quand tu veux, d’accord ? Mais euh… » Beau se tut un instant, se mordant l’intérieur de la joue. Il ne voulait pas la remballer mais venir au travail, ce n’était pas la meilleure idée qu’elle avait eue. Alors, tout sourire, il finit par lâcher : « Tu sais où j’habite, non ? Au moins, il n’y aura pas des dizaines de personnes pour entraver notre rêve ! Allez, file maintenant. » A peine avait-il finit sa phrase qu’il entendit qu’on lui hurlait son nom. Beau fit une grimace à l’attention d’Ella et se dirigea vers son patron, fou de colère.
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MessageSujet: Re: Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau   Dim 7 Aoû - 23:54

« Si je te le dis, je devrais te tuer ensuite ! » « Tu peux être tout ce que tu veux, mais ... évites de te prendre pour James Bond, je t'en supplie! » avoua-t-elle en riant également. C'était bel et bien le genre de phrase qu'elle voyait sortir de la bouche de ce personnage énigmatique et surréaliste et Ella se plaisait à imaginer son ami avec autant de pouvoirs. Ses mains toujours dans celles de Beau, elle fut surprise de devoir s'en éloigner brusquement et se mordit la lèvre sous la culpabilité. Elle n'aurait jamais dû venir ici et elle ne se rendait compte que maintenant à quel point ce geste s'était révélé être une erreur. Beau ne voulait pas la voir et il ne l'avait embrassée que parce qu'elle le lui avait silencieusement demandé. Il n'y avait rien à y comprendre, elle devrait bientôt rentrer chez elle et elle était intimement persuadée que Beau chercherait à l'éloigner. Un peu déstabilisée, un peu perdue, la jeune fille resta clouée au mur le temps que prit Beau à vérifier la file des clients qui ne faisait que s'allonger. Ella n'était pas là, elle était ailleurs, perdue entre ce monde et celui du rêve. Or, il lui semblait que la réalité la rattraperait beaucoup trop vite et que le départ précipité de son ami ne faisait qu'accélérer la chose. Elle aurait eu envie de rester là, avec lui, des minutes et des heures durant et elle se rendait brusquement compte que c'était impossible. Pourtant, lorsqu'il revint, ce fut ses lèvres qui la firent descendre de son nuage en un temps record, la bouche légèrement entrouverte, sublime dans son étonnement. Le baiser ne fut qu'effleurement - ou presque - mais Ella sentit son coeur s'emballer et ses jambes devenir lourdes. « Elle n’est pas longue ! Je te laisse, princesse. Tu reviens quand tu veux, d’accord ? Mais euh… » À dix mille lieues de là, le coeur en compote et l'esprit embrumé par le baiser qui ne semblait pas avoir quitté ses lèvres, Ella hochait la tête sans même prendre la peine de savoir si oui ou non c'était pertinent.

« Tu sais où j’habite, non ? Au moins, il n’y aura pas des dizaines de personnes pour entraver notre rêve ! Allez, file maintenant. » À l'entente du hurlement destiné à prévenir Beau de cesser ses conneries, la jeune fille se mordit la lèvre en retenant son ami par le bras une poignée de secondes. « Je sais, oui. Et ... Je suis désolée. Vraiment. » Visiblement chamboulée à l'idée de s'imaginer Beau renvoyé par sa faute, l'adolescente le relâcha vivement afin de ne pas le retenir plus longtemps. Le regardant disparaître, elle se fondit brusquement dans le décor et repassa de l'autre côté de la porte dans l'espoir de passer inaperçue. Lorsqu'elle retrouva le vent glacé du dehors, la jeune fille remonta son pull contre son menton et tourna la tête vers le petit café, là où s'affairait sans doute Beau afin de servir le maximum de clients. Elle le vit, à travers la vitre, et eut l'impression de faire un bond vertigineux de plusieurs mètres avant de tourner vivement les talons et de repartir en courant pour rentrer chez elle. Que se passait-il? Pourquoi se sentait-elle ainsi alors qu'elle aurait dû ne rien ressentir? Ella n'y comprenait rien et elle passa à deux doigts de renverser une dame sans doute pressée de se rendre au travail - à cette heure-là? - ce qui la coupa un peu dans son élan. Ralentissant l'allure, elle en vint à poser délicatement ses doigts sur ses lèvres, là où celles de Beau l'avaient embrassée, une moue rêveuse s'emparant de ses traits sans même qu'elle n'ait conscience de tout ce qui se passait. Décidément, sa journée venait tout juste de commencer et était remplie de péripéties à laquelle elle ne se serait jamais attendue. Jamais. L'imprévu n'était pas à bannir, toutefois, et ce fut le coeur léger, mais lourd de promesses muettes qu'elle rentra chez elle, heureuse de n'y trouver personne. Elle n'aurait pas su expliquer à Jackson la raison de sa sodaine bonne humeur et préférait avoir le temps de faire baisser son niveau de tension avant de se retrouver face à lui.

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Y'a des rêves dans mon muffin! - Beau

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